En bref
- Hugh Howey approuve l’adaptation de Silo
- La série change des éléments, pas son idée centrale
- Apple TV soutient fortement le projet
Les auteurs ont souvent une bonne raison de se méfier d’Hollywood. Avec Silo, c’est presque l’inverse. Hugh Howey, qui a signé la trilogie adaptée par Apple TV, se dit très satisfait de la manière dont la série traite son univers, alors même qu’elle ne colle pas au texte à la lettre.
Un auteur qui ne chipote pas
Après la fin de la saison 1, Hugh Howey a répondu aux lecteurs sur Reddit, lors d’une session Ask Me Anything. Interrogé sur la façon dont la série abordait ses romans, il a été limpide. Pour lui, l’équipe met énormément de moyens dans le projet, le pousse fortement, et s’appuie sur des talents de premier plan devant comme derrière la caméra. Puis cette formule, assez parlante, traduite littéralement en français, « Absolument. Ils déversent des tonnes de soutien sur la série et la promeuvent à fond. En utilisant les meilleurs talents dans toute la distribution et l’équipe. Que pourrait vouloir de plus un garçon ? »
Pas mal de prudence, donc, mais zéro aigreur.
Des changements, mais pas contre l’esprit du livre
C’est important, parce que Silo n’est pas une adaptation figée. La série suit Juliette Nichols, incarnée par Rebecca Ferguson, une ingénieure des niveaux inférieurs d’un immense silo souterrain, dans un monde où la surface de la Terre est devenue inhabitable après un événement inconnu. Quand son compagnon, le spécialiste IT George Wilkins, joué par Ferdinand Kingsley, meurt dans des circonstances suspectes, elle commence à remonter le fil.
Mais Silo ne repose pas seulement sur ses secrets. Le cœur du récit, c’est la façon dont l’information devient un outil de contrôle. Ce thème vient directement des livres de Hugh Howey. Et si le showrunner Graham Yost, déjà passé par Justified après les histoires de Raylan Givens imaginées par Elmore Leonard, prend de plus en plus de liberté, ces écarts semblent servir cette idée-là. La série joue aussi avec une autre valeur, la mémoire, presque traitée comme une ressource aussi précieuse que les faits bruts.
Pourquoi cet accord compte vraiment
Bon, un auteur content de son adaptation, ça ne devrait pas être un événement. Sauf que dans la science-fiction, on a vu assez de romans mal servis à l’écran pour savoir que ce n’est jamais acquis. Et même avec la puissance d’Apple derrière, rien ne garantit qu’une série sorte du bruit permanent du streaming.
C’est là que Silo a un statut un peu particulier. La série est saluée par la critique, elle continue d’avancer, et pourtant elle reste encore, disons, l’une des propositions les plus sous-estimées d’Apple TV. L’adhésion publique de Hugh Howey n’est donc pas un détail de communication. Elle dit quelque chose de plus large sur les adaptations qui changent la forme sans trahir le fond. Et à moyen terme, c’est peut-être ça, le vrai luxe dans le streaming actuel.