En bref
- Men in Black reste le sommet de la saga
- Le comics original n’a jamais vraiment profité du film
- Les suites n’ont pas retrouvé la formule de 1997
On parle souvent des grands films de comics comme s’ils devaient forcément exhiber leurs origines. Men in Black, lui, a fait l’inverse. Tout le monde connaît le film, pas mal de gens ignorent encore qu’il vient d’une BD.
Un blockbuster que beaucoup ne rangent même pas dans les films de comics
Sorti en 1997 sous la direction de Barry Sonnenfeld, Men in Black raconte le recrutement d’un détective du NYPD par une agence gouvernementale secrète chargée de gérer les incidents extraterrestres sur Terre. Will Smith y devient l’agent J, face à un Tommy Lee Jones impeccable en agent K, à la fois recruteur et mentor.
Le détail qui compte, c’est l’origine du projet. Le film adapte, assez librement, la série Marvel Comics The Men in Black. Une mini-série de six numéros publiée entre 1990 et 1991, bien plus sombre que le long-métrage.
Le film qui a verrouillé le statut de star de Will Smith
Avant ça, Will Smith avait déjà pris de la place. La musique d’abord, puis The Fresh Prince of Bel-Air, ensuite le cinéma avec Bad Boys et Independence Day. Mais Men in Black, c’est autre chose. Le film ne l’a pas seulement installé, il a fixé son image de star capable de porter un très gros divertissement sans se faire avaler par la machine.
Et quand on regarde son parcours côté comics, le contraste est net. Son passage dans Suicide Squad en 2016, dans le rôle de Deadshot, a laissé une trace bien moins flatteuse et n’a débouché sur aucun retour dans le DCEU ou le DCU.
Des chiffres solides, et une exécution qui tient encore
Le succès n’a rien d’une illusion rétrospective. Men in Black a rapporté environ 543 millions d’euros (589,4 millions de dollars) pour un budget d’environ 83 millions d’euros (90 millions de dollars). Et le film affiche toujours 91% sur Rotten Tomatoes.
Ça se comprend. Le mélange humour, SF et rythme fonctionne encore très bien. Les effets spéciaux étaient à la pointe pour l’époque, Vincent D’Onofrio marque le film, et l’alchimie entre Smith et Jones reste le vrai moteur. Franchement, c’est ce genre de blockbuster qui paraît simple, alors qu’il est en réalité très bien réglé.
Le comics d’origine, lui, a presque disparu du radar
Là, le cas devient intéressant. Dans la BD, l’organisation ne gère pas seulement des aliens, mais aussi des fantômes, des monstres et des démons. Le ton est plus noir, plus étrange, moins grand public.
Résultat ? Le film a gardé l’idée de base et le nom, mais a presque coupé le reste. Et malgré l’énorme succès au cinéma, la série papier n’est jamais revenue pour de nouveaux numéros. Même sa rareté et sa valeur n’ont, visiblement, pas été bouleversées par la franchise.
Aucune suite n’a retrouvé l’étincelle du premier
Il y a bien eu une série animée diffusée de 1997 à 2001 sur Kids’ WB. Sympa, sans plus. Puis Men in Black II en 2002, trop proche du premier, sanctionné par un modeste 38% sur Rotten Tomatoes.
Men in Black III remonte à 67%, mais sans égaler l’original. Le jeune agent K joué par Josh Brolin fait le travail, sauf que l’absence prolongée de Tommy Lee Jones se sent. Quant à Men in Black: International, porté en 2019 par Chris Hemsworth et Tessa Thompson, il tombe à 23%. Depuis, plus rien.
Ce silence dit quelque chose. Dans le cinéma de franchise, on pense souvent qu’une bonne idée suffit à durer. Men in Black rappelle plutôt qu’une formule tient parfois sur un équilibre fragile, et que ce genre d’équilibre, on ne le refabrique pas à la chaîne.