En bref
- Raised by Wolves s’est arrêtée après deux saisons
- HBO peine toujours à imposer sa SF
- Le budget et le rythme l’ont plombée
La télévision de science-fiction n’a jamais semblé aussi en forme, et pourtant Raised by Wolves a disparu presque aussitôt. C’est ce qui continue de faire tiquer avec cette série portée par HBO, ambitieuse, étrange, parfois rugueuse, mais clairement plus stimulante que pas mal de productions plus visibles.
La SF explose, HBO rate encore le coche
Pendant que Apple TV aligne Severance, Silo, Foundation ou Monarch: Legacy of Monsters, que Netflix capitalise sur Black Mirror, Stranger Things et 3 Body Problem, et que Prime Video prépare Blade Runner: 2099, HBO reste surtout identifié à la fantasy. Game of Thrones et ses dérivés ont occupé le terrain, mais en **science-fiction**, la chaîne avance beaucoup moins fort.
Le contraste est assez net. Dune: Prophecy n’a récolté que des critiques moyennes, Avenue 5 n’a tenu que deux saisons, et Raised by Wolves, qui avait un temps l’allure d’une réponse SF à Game of Thrones, a été stoppée avant de vraiment s’installer.
Une fable froide au départ, puis vraiment habitée
Direction Kepler-22b, après la destruction de la Terre. La série suit d’abord deux androïdes, Mother, jouée par Amanda Collin, et Father, incarné par Abubakar Salim, chargés d’élever une colonie humaine pour relancer l’espèce.
Mais les vieux réflexes reviennent vite. Les querelles entre les extrémistes religieux des Mithraic et leurs ennemis athées militants ressurgissent parmi les survivants, et les humains, d’abord presque secondaires, deviennent peu à peu les personnages les plus complexes. Le début, lui, demande un effort. Beaucoup d’exposition, un ton presque clinique, une distance qui peut refroidir.
La saison 2 trouvait enfin sa vitesse
C’est là que la série devenait vraiment bonne. Une fois la distribution en place et les lignes idéologiques plus lisibles, la saison 2 gagnait en intensité, en action et en enjeu. On comprenait mieux ce que la série cherchait, pas seulement un récit de survie, mais une réflexion sur l’*intelligence artificielle, la conscience et les fractures humaines.
Sur ce terrain, l’ombre de Blade Runner planait forcément. Pas en copie, plutôt dans cette manière de regarder les machines comme un miroir peu flatteur de l’humanité.
Le vrai mur, c’était le budget et la patience du public
Le problème, c’est que ce genre de série coûte cher et exige du temps. Or Raised by Wolves n’a pas attiré assez vite un public assez large. Résultat ? Son sort semblait presque réglé avant même qu’elle n’entre dans sa meilleure phase.
Face à une franchise comme Star Wars, qui bénéficie d’un capital d’adhésion immédiat, Raised by Wolves demandait davantage de patience. Et quand une œuvre lente, dense et coûteuse ne transforme pas vite l’essai, la sanction tombe. C’est peut-être ça, le plus frustrant. La série était coupée au moment précis où elle commençait à montrer ce que la SF télé peut faire de plus troublant, et de plus rare.