- Prime Video annule Kevin après deux mois
- Le studio ne donne aucune explication
- Le cas résume la brutalité du streaming
Deux mois. Pour une série, aujourd’hui, ça peut suffire à décider de sa mort. L’annulation de Kevin par Prime Video, seulement quelques semaines après son arrivée, raconte quelque chose de plus large qu’un simple revers éditorial.
Deux mois, et déjà la sentence
Selon Variety, le studio n’a pas répondu aux demandes d’explication sur cette annulation. On reste donc avec l’hypothèse la plus classique du streaming actuel, une audience jugée trop faible dans les premiers jours, ou des notes pas assez solides pour justifier la suite.
Le détail qui pèse, c’est ce 60 % côté critiques. Pas catastrophique, pas brillant non plus. Et dans un marché où les plateformes veulent des résultats très vite, ce genre de score peut devenir un problème bien avant qu’une série ait eu le temps de trouver son public.
Une série plus aimée du public que des critiques
Ce qui rend le dossier un peu amer, c’est le décalage entre la presse et les spectateurs. Le public, lui, a nettement mieux accueilli la série, avec 82 %, saluant surtout son originalité, son charme et cet humour noir qui évitait au projet de tomber dans le trop mignon.
Créée par Aubrey Plaza et Joe Wengart, Kevin suivait un chat d’intérieur gâté, brutalement séparé de ses humains, qui atterrit dans un refuge animalier à Queens, à New York. Là, il croisait une bande d’animaux cabossés et apprenait, tant bien que mal, à vivre seul et à comprendre ce qu’il voulait vraiment. Sur le papier, l’idée avait ce mélange rare de bêtise assumée et de vraie tendresse. Franchement, ce n’est pas si courant dans l’animation adulte.
Le casting, d’après les retours cités par la source, collait aussi bien à cette proposition décalée.
Le message d’Aubrey Plaza dit plus que la simple déception
Sur Instagram, Aubrey Plaza a regretté la décision en la comparant aux débuts de Parks et Rec. Elle explique qu’à l’époque, l’équipe pensait déjà être annulée à cause de mauvaises audiences, mais que des responsables de NBC avaient laissé la série grandir et le public s’attacher aux personnages.
Sa phrase la plus forte tient en peu de mots. « J’espérais cela pour Kevin, mais nous vivons malheureusement à une autre époque dans notre industrie. J’espère que les machines ne vont pas tout ruiner. »
Et c’est là que cette annulation dépasse le cas de Prime Video. Le streaming a installé une logique de test permanent. Beaucoup de séries sautent après une première saison, parfois avant même d’avoir trouvé leur rythme. Netflix traîne déjà cette réputation. Prime Video, cette fois, ne pourra pas vraiment éviter le reproche.
Ce qui compte, au fond, ce n’est pas seulement la fin de Kevin. C’est l’idée qu’une série peut encore plaire, avoir une identité, un ton, un vrai potentiel, et ne plus obtenir le moindre temps pour respirer.