Predator a 39 ans, et son héritage pèse encore sur Alien

Image d'illustration. The PredatorDavis Entertainment / PR-ADN
Né en 1987, Predator a fini par croiser Alien dans un mariage bancal. Aujourd’hui, le retour en forme des deux sagas relance la question.
En bref
- Predator fête ses 39 ans
- Le crossover avec Alien reste fragile
- L’avenir dépend surtout des chiffres
Trente-neuf ans plus tard, Predator traîne toujours la même question derrière lui, que faire d’une idée culte quand la franchise, elle, avance par à-coups ? Sorti le 12 juin 1987, le film de John McTiernan n’a pas seulement lancé un monstre de plus dans la pop culture. Il a aussi préparé, à distance, un croisement avec Alien qui continue de hanter Hollywood.
Un succès de 1987 qui a ouvert plus qu’une suite
À l’époque, 20th Century Fox surfait déjà sur la vague SF née après Star Wars. Predator, avec Arnold Schwarzenegger et son commando traqué par un extraterrestre qui chasse pour le sport, avait ce qu’il fallait, un concept simple, visuel, efficace. Et ça a pris.
Le film a rapporté environ 51 millions d’euros (59,7 millions de dollars) au box-office américain, sans ajustement à l’inflation. Suffisant pour entrer dans le top 10 annuel et, surtout, pour convaincre le studio qu’il n’allait pas laisser cette créature vivre dans un seul film.
Le crossover est né d’un détail, pas d’un plan
Le plus intéressant, c’est que le premier film fonctionne très bien seul. Pas besoin d’univers partagé, pas de teasing lourd. Mais dans Predator 2, un crâne de xénomorphe apparaît dans la salle des trophées. Sur le moment, c’est juste un clin d’œil. Avec le recul, c’était le point de départ.
Il faudra pourtant attendre 2004 pour voir arriver Alien vs. Predator. Et là, clairement, l’événement était plus fort que le film.
Alien vs. Predator, la bonne idée mal exécutée
Sur le papier, réunir deux icônes pareilles avait du poids. Dans les faits, Alien vs. Predator a peiné à transformer son concept en vrai bon film. Le long-métrage a engrangé environ 151 millions d’euros (177,4 millions de dollars) pour un budget compris entre 51 et 60 millions d’euros (60 à 70 millions de dollars), mais les critiques l’ont démonté. Sa note de 21 % sur Rotten Tomatoes résume assez bien le problème, une histoire faible et des personnages trop minces pour porter l’affrontement.
Même punition pour Aliens vs. Predator: Requiem en 2007. Environ 111 millions d’euros (130,3 millions de dollars) de recettes mondiales pour un budget de 34 millions d’euros (40 millions de dollars), mais un accueil encore pire, avec 12 % sur Rotten Tomatoes. Cette fois, la technique elle-même a été prise pour cible. Résultat ? Plus de suite.
Des sagas usées, puis relancées autrement
Les années 2010 n’ont pas vraiment arrangé les choses. Prometheus et Alien: Covenant, les préquelles de Ridley Scott, ont divisé, au point qu’un troisième film a fini par être abandonné. Côté Predator, Predators puis The Predator ont aussi laissé une impression mitigée.
Mais la décennie actuelle a rebattu les cartes. Prey a relancé Predator avec une formule plus nette, et Alien s’est remis sur les rails avec Alien: Romulus.
Le vrai enjeu, c’est moins le crossover que le modèle économique
Avec Predator: Badlands, Dan Trachtenberg a glissé un nouveau lien vers Alien via les personnages de Elle Fanning, Thia et Tessa, présentés comme des synthétiques de Weyland-Yutani. Il a expliqué avoir voulu garder un film autonome, et c’était la bonne approche. Le long-métrage a reçu de bons retours et battu le record de recettes de la saga.
Mais les chiffres demandent un peu de recul. Badlands a rapporté environ 157 millions d’euros (184,6 millions de dollars) pour un budget de 90 millions d’euros (105 millions de dollars). Pas forcément assez pour atteindre son seuil de rentabilité avec la seule salle. Or, chez Disney et 20th Century Studios, c’est là que tout se joue.
Et c’est peut-être ça, le vrai futur de Alien vs. Predator. Pas une question de lore, mais de confiance industrielle. Si Trachtenberg revient avec la bonne idée, et un budget mieux tenu, le crossover peut reprendre vie. Sinon, il restera ce vieux fantasme SF que les studios regardent encore du coin de l’œil.