En bref
- Tenet reprend clairement des codes de James Bond
- Christopher Nolan a bien envisagé un vrai Bond
- Le final cut a bloqué les discussions
Si vous vouliez voir à quoi ressemblerait un James Bond signé Christopher Nolan, il fallait peut-être simplement regarder Tenet autrement.
Tenet, un Bond qui aurait malmené le temps
Sorti en 2020, Tenet suit un agent de la CIA recruté par une organisation secrète pour remonter la trace d’objets capables de voyager à rebours dans le temps. Dit comme ça, oui, c’est le film le plus opaque de Christopher Nolan, y compris face à Memento, Inception ou Interstellar. Mais sous cette couche de mécanique temporelle, on retrouve une structure d’espionnage très familière.
Le film saute de l’Ukraine à l’Italie, passe par Mumbai et cultive ce goût du déplacement permanent qui définit aussi James Bond. Les héros sont impeccablement habillés, l’ennemi est un oligarque richissime, et l’ampleur mondiale de l’intrigue fait partie du spectacle. En gros, les codes sont là, juste pliés à la logique très particulière de Christopher Nolan.
Et puis il y a cette ouverture à l’opéra de Kyiv. Une vraie séquence de pré-générique dans l’esprit, nerveuse, spectaculaire, un peu désorientante aussi. Même des épisodes contestés comme Spectre savent à quel point cette entrée en matière compte dans un film de James Bond. Tenet coche cette case avec une sacrée assurance.
Pourquoi Nolan colle si bien au mythe Bond
Le nom de Christopher Nolan revient souvent pour James Bond, et ce n’est pas un hasard. Sa trilogie Batman a déjà montré qu’il sait tenir une grande franchise sans la vider de sa personnalité. Gros budgets, concepts forts, résultats mondiaux au box-office, la fiche est solide.
Mais la réalité est plus intéressante que le fantasme. Un Bond version Nolan ne serait sans doute pas un espionnage classique, trop lisse pour lui. Tenet donne justement cette réponse un peu tordue mais cohérente, un film d’agents secrets, de costumes et de missions mondiales, traversé par une idée folle qui complique tout.
Un vrai Bond a failli arriver, puis les discussions ont cassé
Après Tenet, Christopher Nolan aurait proposé sa vision de James Bond, avec un retour aux années 1960 et une histoire pensée sur deux films. Sur le papier, l’idée avait de quoi intriguer.
Le blocage, lui, paraît très concret. Les échanges avec la productrice Barbara Broccoli se seraient arrêtés sur la question du final cut, ce droit de décider de la version finale du film. Les réalisateurs de James Bond n’ont pas habituellement cette main, alors que Christopher Nolan, lui, l’obtient sur ses projets.
Selon ces discussions, Amazon aurait envisagé d’assouplir cette règle avant de se tourner vers Denis Villeneuve pour le prochain volet.
La porte n’est pas complètement fermée
Rien n’est confirmé pour la franchise après ce film mis en scène par Denis Villeneuve. Du coup, l’idée d’un retour des négociations avec Christopher Nolan n’a rien d’absurde. Son intérêt ne semble pas s’être évaporé, et il a même récemment cité Timothy Dalton comme son interprète préféré de James Bond.
En attendant, Tenet reste le meilleur aperçu de cette rencontre qui n’a pas eu lieu. Le film n’est disponible sur aucun service de streaming par abonnement, mais il peut être loué sur Prime Video, Apple TV et Fandango at Home. Et ça raconte aussi quelque chose du cinéma de studio actuel, des franchises verrouillées et des auteurs qui veulent encore garder la main.