En bref
- The Mask devait d’abord être un film d’horreur
- Jim Carrey était encore un pari commercial
- Le succès a lancé sa carrière au cinéma
Choisir Jim Carrey pour The Mask, ce n’était pas du flair cool raconté après coup. C’était un pari, au moment où l’acteur restait surtout identifié comme le type blanc de In Living Color, pas comme une valeur sûre du box-office. Et c’est précisément ce qui rend l’histoire intéressante, parce qu’on parle d’un casting qui a fini par redessiner le film lui-même.
Un film qui n’allait pas du tout dans cette direction
Au départ, l’adaptation du comic de Dark Horse Comics n’avait rien de la comédie débridée qu’on connaît. Les planches du début des années 1990 étaient beaucoup plus violentes, assez nihilistes, avec une vraie texture de film d’horreur gore.
Chuck Russell a expliqué que cette version sombre ne convainquait pas les studios. Le virage s’est donc fait vers quelque chose de plus léger, plus burlesque aussi. Son image résume bien l’écart, quand il oppose la hache magique du comic à des accessoires qu’un Jim Carrey aurait pu sortir, comme un poulet en caoutchouc ou un bazooka. En gros, le ton a changé avant même que le casting ne soit verrouillé.
Carrey n’était pas la star évidente, mais le bon signal
Bien avant ça, Jim Carrey galérait encore comme pas mal de jeunes comiques. Son premier vrai coup d’accélérateur vient de son lien avec Damon Wayans, rencontré sur le circuit du stand-up, qui l’oriente vers son frère et vers In Living Color. Crédité alors comme James Carrey, il participe à 125 épisodes et y impose une présence que l’industrie commence à remarquer.
Mais pour The Mask, il n’avait rien d’un choix automatique. D’autres noms circulaient, notamment Robin Williams, Martin Short et Rick Moranis. Bref, sur le papier, le calcul le plus rassurant n’allait pas vers lui.
Le rôle collait à son corps, pas seulement à son humour
Ce qui a fait pencher la balance, c’est la physicalité de Carrey. Chuck Russell raconte l’avoir vu au Comedy Store et avoir été frappé par son énergie presque inventive au sens littéral, puis avoir suivi son travail dans In Living Color en se disant qu’il fallait faire du projet une comédie.
Même son de cloche chez Mike DeLuca et Mike Richardson. Un gag où Carrey parodiait My Left Foot, avec ce côté contorsionniste, aurait suffi à convaincre Richardson qu’il tenait son Mask. Et quand Carrey lit le script, il dit à Russell, en substance, que le rôle semble écrit pour lui. Difficile de faire plus clair.
Le pari New Line a payé très vite
Pour Robert Engelman, producteur du film, le contexte compte beaucoup. The Mask est monté comme un film à petit budget, et le choix de Carrey intervient avant la sortie de Ace Ventura: Pet Detective. Donc oui, un vrai risque commercial, assumé par New Line Cinema.
La suite, vous la connaissez sans forcément revoir le mécanisme. Malgré un accueil critique mitigé au départ, le public suit. Roger Ebert salue même un véhicule parfait pour les talents de Carrey. Et 1994 fait décoller l’acteur d’un coup, avec The Mask, Ace Ventura: Pet Detective et Dumb and Dumber. Ce genre de casting rappelle une chose simple, quand même : à Hollywood, le bon pari n’est pas toujours le nom le plus connu, mais celui qui change la nature du film.