Peaky Blinders : « In the Bleak Midwinter » annonce la mort

Dans Peaky Blinders, le cantique « In the Bleak Midwinter » revient chaque fois que la mort approche. Il puise ses origines dans un vieux poème anglais.

Peaky Blinders: The Immortal Man
Image d'illustration. Peaky Blinders: The Immortal Man — Netflix / PR-ADN

En bref

  • La phrase revient quand la mort approche.
  • Son origine remonte aux tranchées britanniques.
  • Le film pourrait la réutiliser une dernière fois.

Un cantique de Noël qui sert de boussole aux moments les plus noirs, il fallait oser. Dans Peaky Blinders, « In the Bleak Midwinter » n’est jamais lâché au hasard. La formule accompagne les personnages quand ils touchent du doigt la mort, ou quand ils pensent ne plus pouvoir y échapper.

Un chant de Noël devenu signal de danger

À l’origine, « In the Bleak Midwinter » vient d’un poème anglais, devenu plus tard un hymne popularisé par le compositeur Harold Darke en 1909. Le décalage est fort, et c’est justement ce qui marche si bien dans Peaky Blinders. On parle d’un chant associé à Noël, donc à la chaleur, au refuge, à quelque chose de presque intime.

Sauf que ce cantique avait aussi une autre vie. Il comptait parmi les chansons très appréciées des troupes britanniques pendant la Première Guerre mondiale, chanté dans les tranchées. Du coup, dans l’univers des Shelby, la phrase ne renvoie pas seulement à une mélodie connue, elle ramène directement au front.

Le souvenir de guerre qui change tout

Le moment le plus parlant arrive après la mort de John Shelby, dans la saison 4. Lors de l’enterrement, Tommy raconte qu’avec d’autres soldats, ils s’étaient retrouvés coincés derrière les lignes ennemies, sans munitions, persuadés qu’ils allaient être balayés par la cavalerie prussienne.

Ils ont alors chanté « In the Bleak Midwinter » pour se donner un peu de réconfort avant une fin qu’ils croyaient certaine. La cavalerie n’est finalement jamais venue. Et c’est là que la phrase prend tout son sens, clairement. Pour eux, chaque minute gagnée ensuite n’était plus la vie normale, mais du temps en bonus.

Une balise répétée tout au long de la série

Ce n’est pas une référence isolée. La formule revient lors de la fausse mort de Danny Whizz-Bang dans la saison 1, pendant l’enlèvement de Tommy par l’IRA en saison 2, puis au mariage de Tommy et Grace en saison 3.

Et ce n’est pas fini. On la retrouve aussi autour de l’exécution manquée d’Arthur et de John en saison 4, au moment de la mort de John Shelby, puis quand Tommy est sur le point de se suicider dans la saison 6. Résultat ? La phrase devient un vrai leitmotiv, une alerte discrète qui dit toujours la même chose, la mort est là, mais la survie reste possible.

Pourquoi cette phrase compte encore pour la fin

Dans Peaky Blinders, cette récurrence ne sert pas juste à faire joli. Elle résume l’état des Shelby, des gens qui vivent avec la mort collée aux bottes et qui avancent quand même. C’est simple, net, très bien vu dans l’exécution.

Alors que l’histoire doit se prolonger avec un film, l’idée d’un dernier retour de « In the Bleak Midwinter » paraît presque naturelle. Pas comme un clin d’œil gratuit, plutôt comme la dernière boucle d’un motif que la série a patiemment installé.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi cette phrase marque autant les fans ?

Parce qu’elle revient dans des scènes où l’émotion est déjà à son maximum. À force, elle devient un code interne de la série. Quand elle surgit, on comprend tout de suite que les personnages sont au bord de quelque chose de grave, souvent entre disparition et survie.

Le cantique a-t-il un lien direct avec la guerre dans la série ?

Oui. Le récit de Tommy à l’enterrement de John Shelby fixe ce lien très clairement. Le chant n’est pas seulement une référence culturelle anglaise, il est rattaché à l’expérience du front et au traumatisme des soldats revenus vivants.

Est-ce un simple détail d’écriture ?

Non, justement. Un détail d’écriture passe souvent inaperçu ou n’a pas de conséquence sur la lecture. Ici, la répétition construit un sens. Elle relie des saisons très éloignées et donne une continuité émotionnelle à l’ensemble.

Pourquoi parler de leitmotiv ?

Le mot convient bien, parce qu’il s’agit d’un motif qui revient pour porter toujours la même idée. Dans Peaky Blinders, cette phrase sert de rappel, presque de signal sonore ou mental, autour de la mort, du souvenir de guerre et du fait de rester debout malgré tout.

Jordan Servan

Spécialiste Pop Culture

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

X LinkedIn Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
BBC Séries TV

Lisez Begeek en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.