Oracle supprime des milliers de postes dans sa transition vers l’IA

Oracle confirme avoir perdu 21 000 salariés en un an. Dans son document annuel, le groupe relie aussi ces coupes à l'adoption de l'IA.

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Image d'illustration. Oracle — Oracle / PR-ADN
  • Oracle reconnaît que l’IA est un facteur direct dans la réduction de ses effectifs, dans le cadre d’une restructuration déjà en cours.
  • L’entreprise a supprimé environ 21.000 emplois en un an, portant ses effectifs à 141.000 salariés dans le monde.
  • Ces coupes s’inscrivent dans une stratégie plus large de réallocation des ressources vers les data centers et l’infrastructure IA, au prix de nombreuses réductions de postes.

Chez Oracle, l’IA ne sert plus seulement à vendre du futur. Elle sert aussi à expliquer des suppressions de postes, noir sur blanc. Dans son document réglementaire annuel, le groupe reconnaît que l’adoption et le déploiement des technologies d’IA dans ses opérations ont déjà entraîné, et pourraient encore entraîner, des réductions d’effectifs. Là, on n’est plus dans le sous-texte.

L’IA n’est plus un prétexte flou

Ce qui frappe, c’est la formulation. Oracle explique avoir un plan de restructuration déjà en place et continuer à ajuster sa main-d’œuvre. Et parmi les raisons avancées, l’entreprise cite directement l’IA. Pas comme un vague horizon stratégique, mais comme un facteur concret de baisse des effectifs.

Bon, le groupe ne dit pas combien de postes ont été supprimés uniquement à cause de l’IA. Mais il acte un lien. Et dans le climat actuel du secteur, ce genre d’aveu pèse lourd.

Le trou dans les effectifs est massif

Les chiffres, eux, sont désormais clairs. Au 31 mai 2026, Oracle comptait environ 141.000 salariés dans le monde. Un an plus tôt, l’entreprise en avait 162.000. Résultat, une baisse de 21.000 personnes sur douze mois.

En mars, plusieurs médias parlaient déjà d’un énorme plan social, avec des estimations allant de 10.000 à 30.000 employés prévenus par mail que c’était leur dernier jour. Cette fois, on a un total officiel. Parmi les effectifs restants, environ 49.000 salariés travaillent aux États-Unis et 92.000 à l’international. En revanche, impossible de savoir combien de licenciements ont touché le marché américain précisément.

Derrière les coupes, la guerre des data centers

Il y a aussi la mécanique financière, et elle n’a rien de surprenant. Bloomberg avait déjà expliqué que Oracle supprimait des milliers d’emplois pour dégager plus de cash en vue de ses chantiers de data centers dédiés à l’IA. Le groupe a d’ailleurs déjà englouti environ 1,66 milliard d’euros en coûts de restructuration, indemnités de départ comprises.

Et Oracle n’est pas seul à jouer ce jeu. Microsoft a aussi réduit ses effectifs pour absorber les coûts d’infrastructure liés à l’IA. Meta, de son côté, a licencié 8000 employés et réaffecté 7000 personnes vers des rôles centrés sur l’IA.

Dans le cas d’Oracle, l’enjeu est très concret. L’entreprise construit des data centers pour ses clients, dont OpenAI, l’un des plus gros. L’an dernier, OpenAI a signé un accord pour que Oracle lui fournisse 4,5 gigawatts de capacité de data centers aux États-Unis, afin d’alimenter les charges massives de ses grands modèles de langage. En gros, la ruée vers l’IA se paie maintenant. Et souvent en postes.