Netflix tient peut-être sa nouvelle saga polar avec Colors of Evil

Le thriller polonais Colors of Evil: Black cartonne sur Netflix avec 25 millions d’heures vues. Et la plateforme a déjà de quoi prolonger la saga.

Colors of Evil: Black
Colors of Evil: Black — Netflix / PR-ADN

En bref

  • Netflix tient un vrai hit non anglophone
  • Colors of Evil: Black cumule 25 millions d’heures
  • Cinq romans peuvent encore être adaptés

Quand un film non anglophone grimpe aussi vite, Netflix ne regarde pas seulement un top 10. La plateforme voit surtout un possible univers récurrent, capable de nourrir son catalogue bien au-delà d’un week-end.

Un polar polonais qui dépasse le simple succès de semaine

Sorti le 10 juin, Colors of Evil: Black s’est installé à la première place du classement mondial des films non anglophones sur Netflix pour la semaine du 8 au 14 juin. Le long-métrage affiche 14,1 millions de vues et surtout 25 millions d’heures regardées. Pour une suite polonaise, ce n’est pas anodin.

On pouvait s’attendre à un bon démarrage grâce au premier film. Le niveau atteint va un peu plus loin. Colors of Evil: Red, lancé en 2024, avait déjà posé les bases avec l’enquête sur le meurtre d’une jeune femme en Pologne, menée par le jeune procureur Leopold Bilski, incarné par Jakub Gierszał, aux côtés de la juge Helena Bogucka, jouée par Maja Ostaszewska.

Leopold Bilski revient, et le ton s’assombrit encore

Cette fois, Leopold Bilski repart de zéro, ou presque. Réaffecté dans une petite ville, il enquête sur la disparition d’un jeune garçon et découvre peu à peu des liens avec une ancienne affaire de personnes disparues.

Mais le vrai basculement est ailleurs. Colors of Evil: Black pousse la saga vers quelque chose de plus noir, avec des crimes montrés comme franchement plus terribles que dans le premier volet, sans la moindre respiration optimiste. Un choix risqué, quand même, mais qui semble avoir trouvé son public.

Pourquoi Netflix a potentiellement cinq films d’avance

Le plus intéressant, c’est que la matière existe déjà. Les films de Netflix adaptent la série de romans de Małgorzata Oliwia Sobczak. Après Red en 2019 et Black en 2020, l’autrice a publié White en 2021, puis Yellow en 2024. Blue et Green sont arrivés en 2025, et Violet est sorti ce mois-ci.

Au départ, il s’agissait d’une trilogie, avec Red, Black et White, chaque livre représentant une étape dans une traversée du crime et de la noirceur humaine. Trois ans plus tard, l’univers s’est élargi. Résultat, Netflix a déjà de quoi produire jusqu’à cinq suites. Et un nouveau roman est même paru la même semaine que le film.

Le succès est là, la suite n’est pas garantie

Rien n’est signé pour autant. Chez Netflix, un bon score ne verrouille pas automatiquement une suite. La plateforme croise plusieurs indicateurs avant de trancher.

La preuve avec The Boroughs, annulée malgré de bons retours et des chiffres solides, sur fond de départ des Duffer Bros vers Paramount. Bref, Colors of Evil coche aujourd’hui la case succès d’audience. Pour devenir une vraie franchise, il faudra transformer ce pic en intérêt durable. C’est souvent là que commence la vraie bataille du streaming.