En bref
- Netflix relance sa série animée Magic
- La saison 1 est déjà écrite
- L’animation colle mieux au multivers
Netflix court après des univers capables de durer des années. Avec Magic: The Gathering, la plateforme tient peut-être le bon fil, pas seulement une série de plus, mais un réservoir narratif immense, nourri depuis 1993 et encore loin d’être épuisé.
Un redémarrage complet, mais cette fois la machine avance
Le projet n’a pas eu un parcours simple. La première version de l’adaptation animée de Magic: The Gathering avait été lancée en 2019 avec Joe Russo et Anthony Russo, avant leur départ en 2021. Puis, en septembre 2024, cette mouture a été considérée comme morte.
Depuis, Netflix est reparti de zéro avec Terry Matalas au poste de showrunner, épaulé par le réalisateur oscarisé Patrick Osborne et le directeur artistique Simon Rogers. Et là, détail qui compte vraiment, tous les scripts de la première saison sont déjà bouclés. La production avance désormais sur le casting et les animatics, ces versions préparatoires qui fixent le rythme et la mise en scène avant l’animation finale.
Le premier visuel réduit aussi le champ, ce qui est plutôt bon signe. On y retrouve Chandra Nalaar, Ajani Goldmane et Jace Beleren, trois planeswalkers appelés à guider le public dans cet univers très dense.
Pourquoi l’univers de Magic est un cadeau pour une adaptation
Créé par Richard Garfield et lancé par Wizards of the Coast, Magic: The Gathering a posé les bases du jeu de cartes à collectionner moderne. En trente-trois ans, le jeu a dépassé les 27 000 cartes uniques, avec au passage des cartes rares vendues plusieurs millions.
Mais le plus intéressant n’est pas là. Son histoire ne repose pas sur un seul texte fondateur, comme un roman ou une saga fermée. Elle s’est construite par fragments, entre textes d’ambiance sur les cartes, extensions centrées sur certains planeswalkers, nouvelles publiées en ligne, romans, comics et jeux vidéo. Résultat, un lore énorme, mais pas verrouillé dans une continuité rigide.
Pour une série, c’est presque idéal. Il suffit de choisir quelques arcs solides et de laisser le reste faire texture de fond.
Le modèle Arcane plane déjà sur la série
Il y a un précédent évident. Le lore de League of Legends était, lui aussi, dispersé entre biographies, dialogues en jeu et courtes vidéos. Avec Arcane, Riot Games et Fortiche ont recentré la série sur quelques personnages avant d’élargir vers Piltover et Zaun. On connaît la suite, un Emmy et un vrai poids culturel.
La future série de Magic semble suivre cette logique. À ce stade, Chandra Nalaar apparaît comme la porte d’entrée émotionnelle d’un récit appelé à s’étendre à plusieurs plans du multivers.
L’animation, le seul format vraiment à la bonne échelle
C’est sans doute le point le plus important. Magic ne se déroule pas dans un seul monde, mais dans des dizaines, chacun avec sa physique, sa culture et son style. On passe d’une ville néon comme Kamigawa à l’horreur gothique d’Innistrad. En prise de vues réelles, il faudrait quasiment réinventer la série à chaque saut de plan. Budget ingérable, identité visuelle compliquée à tenir.
L’animation enlève ce plafond. Elle permet de changer d’échelle, d’ambiance et de décor sans reconstruire sans cesse des plateaux. Pendant ce temps, un univers Magic en live action reste aussi en développement chez Legendary Entertainment, mais avec des contraintes bien plus lourdes. Et pour Netflix, ça change la perspective. Si la première saison prend, la plateforme peut déployer des suites et des spin-offs beaucoup plus vite, et surtout explorer ce multivers sans se faire écraser par sa propre ambition.