Mythos : l’IA la plus sensible d’Anthropic attise les convoitises

Image d'illustration. AnthropicAnthropic / PR-ADN
Réservée à un cercle fermé, elle est testée par les géants du numérique et scrutée pour ses capacités offensives en cybersécurité.
Tl;dr
- Le modèle d’IA Mythos d’Anthropic suscite un fort intérêt, notamment chez plusieurs fintechs indiennes qui cherchent à y accéder pour renforcer leur cybersécurité.
- L’accès à cette technologie reste très restreint en raison de risques jugés élevés, avec un déploiement limité à quelques grands acteurs comme Google, Apple ou Nvidia.
- Les autorités financières et politiques internationales s’inquiètent de ses implications potentielles, évoquant un risque systémique pour la cybersécurité mondiale.
L’IA Mythos sous haute surveillance
Alors que l’on parle de plus en plus d’intelligence artificielle, une technologie en particulier fait grimper la tension : Mythos, le modèle d’IA développé par Anthropic. Très convoité mais étroitement gardé, ce système cristallise à la fois espoirs et craintes, notamment parmi les acteurs majeurs du secteur financier indien. Plusieurs géants locaux comme One97 Communications, Razorpay Software et Pine Labs multiplient les démarches pour intégrer le cercle très fermé des entreprises ayant accès à la prochaine phase de déploiement restreint de Mythos.
Poussée inédite des fintechs indiennes pour tester Mythos
Pour ces sociétés, l’enjeu est clair : accéder au plus vite à cette IA capable de repérer et exploiter des failles informatiques avec une efficacité qui dépasse largement celle des meilleurs experts humains. Comme l’a confié Vijay Shekhar Sharma, PDG de One97 Communications, lors d’une conversation jugée « urgente » avec les responsables d’Anthropic, le niveau de vigilance entourant chaque nouvelle autorisation se renforce : « L’entreprise voulait savoir précisément ce que One97 comptait faire avec Mythos », glisse-t-il. Même son de cloche du côté de Harshil Mathur, cofondateur de Pine Labs, qui décrit une véritable course contre la montre pour identifier leurs propres vulnérabilités avant qu’elles ne soient exploitées à leur insu.
Derrière la compétition, la crainte d’un séisme cybernétique mondial
Le lancement encadré du projet, baptisé Glasswing par Anthropic, alimente un sentiment d’urgence bien au-delà des frontières indiennes. Plusieurs voix internationales s’élèvent pour souligner le caractère potentiellement « trop dangereux » d’une diffusion généralisée du modèle. Après des tests internes alarmants, Mythos reste réservé à un groupe restreint comprenant notamment Amazon Web Services, Apple, Nvidia et Google.
La prudence est telle que même les institutions publiques révisent leur position initiale : le département du Trésor américain souhaite désormais accéder à Mythos pour évaluer ses propres systèmes informatiques, prenant ses distances vis-à-vis des anciennes critiques relatives aux risques sur la chaîne d’approvisionnement.
L’inquiétude gagne aussi les sphères politiques et bancaires internationales
Le débat ne se limite pas au secteur privé : lors d’un entretien avec la BBC, le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, n’a pas caché son inquiétude en affirmant que « la menace représentée par Mythos mérite l’attention de tous les ministres des finances ». Quant au gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, il a rappelé que les autorités examinent activement les conséquences potentielles en matière de cybercriminalité.
À l’heure où chaque faille pourrait mettre en péril un pan entier du système financier mondial, la question reste posée : jusqu’où faut-il ouvrir ou verrouiller l’accès à une telle innovation ?