En bref
- Meta mise sur les agents IA personnels pour transformer les usages quotidiens et devenir une plateforme incontournable de l’intelligence artificielle.
- WhatsApp et les messageries du groupe sont au cœur de cette stratégie pour rendre les agents IA accessibles au plus grand nombre.
- Malgré de grandes ambitions, Meta doit rassurer les investisseurs face aux coûts massifs de ses investissements IA et à la baisse de son action.
Presque 10% de baisse en Bourse, et au même moment une promesse XXL sur l’IA. Voilà le drôle de contraste chez Meta. Mark Zuckerberg assure que, d’ici cinq ans, des milliards de personnes auront leur agent IA personnel. L’idée est ambitieuse. La facture aussi.
Le futur selon Mark Zuckerberg
Pendant un appel avec les investisseurs de Meta, Mark Zuckerberg a expliqué qu’il jugeait très improbable un monde, à cet horizon, sans milliards de personnes équipées d’un agent personnel comprenant leurs objectifs et travaillant pour elles en continu. En gros, pas juste un chatbot qui répond, mais un outil qui agit.
Les usages qu’il imagine sont larges, et pas vraiment anecdotiques. Finances, santé, relations personnelles, gestion du foyer. Dit comme ça, on sent le projet de plateforme totale, pas la simple feature à caser dans une app.
Pourquoi WhatsApp compte autant dans ce plan ?
Pour Meta, ces agents ne vivront pas dans le vide. Ils passeront par ses messageries. Zuckerberg mise clairement sur WhatsApp et les autres surfaces de conversation du groupe pour devenir le point d’entrée principal quand on échangera avec plusieurs agents.
Et ce n’est pas lancé au hasard. Il a rappelé que WhatsApp est déjà la plateforme où les utilisateurs interagissent le plus avec Meta AI. Du coup, la logique produit tient debout. Si vous voulez banaliser l’IA au quotidien, vous la collez là où les gens parlent déjà toute la journée.
Meta n’est pas seule, mais elle inspire moins confiance
Le souci, c’est que tout le secteur vend à peu près le même rêve. Google a récemment poussé ses agents personnalisés dans la refonte de Search, avec au passage une vraie fatigue d’utilisateurs face à l’avalanche de réponses IA. Chez Anthropic, les abonnements à Claude ont explosé, notamment grâce à Claude Code, très apprécié par les ingénieurs.
Mais pour Meta, le marché regarde aussi le passif. Et là, ça pique. L’action a reculé d’environ 10% après les résultats trimestriels. Pas franchement le vote de confiance d’un public prêt à suivre toutes les lubies futuristes les yeux fermés.
Le vrai sujet, c’est la facture
La division Reality Labs, celle des lunettes AR, des casques VR et des logiciels associés, a encore perdu 4,6 milliards de dollars sur le trimestre. Depuis 2021, l’addition grimpe à 88 milliards de dollars. Résultat, le pari IA est scruté de très près.
Le cash libre de Meta est tombé à 784 millions de dollars, contre 8,55 milliards de dollars un an plus tôt, soit une chute de 91%. En cause, notamment, les investissements dans l’infrastructure IA. Cette semaine, Meta et BlackRock ont annoncé un partenariat pour construire un data center à 14 milliards de dollars au Texas.
Mark Zuckerberg dit croire à une marge plus élevée dans la vente d’intelligence que dans la vente de puissance de calcul brute, tout en voyant aussi une opportunité sur le compute. Et il voit ces agents comme la base de la prochaine vague de produits et de revenus de Meta. Pour l’instant, ses agents business, déployés mondialement sur WhatsApp et Messenger, ont déjà séduit plus d’un million d’entreprises. Côté grand public, le passage au milliard est une autre histoire.