En bref
- Halo pourrait revenir à la télévision
- La série a trop réécrit les jeux
- La saison 2 allait enfin mieux
Il y a un paradoxe assez brutal avec Halo. Une des franchises les plus connues du jeu vidéo a fini par obtenir sa série, oui, mais au moment de passer à l’écran, elle a semblé douter de ce qui faisait sa force.
Un projet maudit avant même sa première image
Avant d’arriver à la télévision en 2022, Halo a passé près de dix-sept ans dans une forme de limbes industrielles. Dès 2005, un film était envisagé avec un script signé Alex Garland, et la mise en scène devait revenir à Guillermo del Toro ou, d’après des informations apparues plus tard, à Neil Blomkamp.
Le projet a ensuite été retravaillé en 2008 par DB Weiss et Josh Olson. Même avec Peter Jackson annoncé comme producteur exécutif, rien n’a tenu. Puis la version télé a été officialisée en 2013 avec Steven Spielberg à la production exécutive. Sortie prévue en 2015, repoussée à 2019, puis à 2020, et enfin à 2022. Résultat, une attente énorme, presque impossible à satisfaire.
Le vrai raté, ce n’était pas le budget mais la fidélité
Sur le papier, les fondamentaux étaient là. Le 26e siècle, la guerre entre le Covenant et l’UNSC, l’humanité menacée, et Master Chief, John-117, au centre.
Mais une adaptation ne vit pas seulement de ses noms propres. Le choix de montrer presque en permanence le héros sans son casque a vite cristallisé le malaise. Ce n’était que le symptôme d’un problème plus large, la série semblait moins intéressée par une adaptation fidèle que par une réécriture de l’univers. Elle développait le lore, certes, mais avec un goût trop prononcé pour l’exposition. À force d’expliquer, elle perdait ce qui rendait les jeux si lisibles et si directs.
La saison 2 montrait enfin une piste, puis tout s’est arrêté
Le plus frustrant, c’est que la série a commencé à ressembler à Halo assez tard. Il a fallu attendre la saison 2 pour sentir quelque chose de plus juste, de plus proche de l’énergie et de la promesse de départ.
Et c’est précisément là qu’elle a été annulée. Après un développement interminable, la série a donc donné l’impression d’un faux départ coûteux, bourré de potentiel, mais incapable de l’exploiter jusqu’au bout.
La porte n’est pourtant pas fermée. Lors de la Xbox Showcase, Matt Booty, directeur des contenus de Xbox, a rappelé que « Halo, avant tout, est l’une de nos plus grandes franchises. C’est une licence emblématique pour Xbox, et nous allons clairement continuer à y investir ». Vous voyez l’idée. Si retour il y a, le chantier est assez simple à formuler, même s’il ne l’est pas à exécuter, arrêter de contourner les jeux et enfin les adapter pour de bon. C’est là que se joue la suite, pas seulement pour Halo, mais pour la façon dont l’industrie traite ses grandes licences vidéoludiques.