- Android Auto a d’abord gagné les voitures en projetant simplement le smartphone dans le tableau de bord, devenant un standard apprécié des conducteurs.
- Plusieurs constructeurs (GM, Tesla, Rivian) cherchent désormais à s’en passer pour imposer leurs propres systèmes embarqués, parfois basés sur Android Automotive ou des assistants IA.
- Derrière ce changement, l’enjeu est le contrôle des données et des revenus, avec la tentation de services payants et d’écosystèmes fermés dans la voiture.
Perdre Android Auto dans une voiture neuve, pour pas mal de gens, c’est le genre de détail qui peut faire sauter un achat. Et c’est justement là que le dossier devient intéressant. Derrière la promesse d’interfaces plus malines, plusieurs constructeurs veulent surtout reprendre le contrôle.
Le téléphone a gagné le tableau de bord
Depuis 2015, Android Auto a prospéré sur une idée toute simple, vous branchez votre téléphone, et vous retrouvez musique, messages, contacts et navigation sans vous battre avec un OS auto bancal. Le public a adoré ça, parce que c’était fluide, familier et gratuit.
Au départ, pourtant, tout le monde n’a pas suivi. Toyota et Ford ont tenté leur propre voie. BMW, lui, avait même essayé de facturer CarPlay environ 74 euros par an, tout en ignorant Android Auto jusqu’en 2020. Mauvaise lecture du marché. Petit à petit, les marques ont fini par l’ajouter à leurs systèmes, aidées par le fait que Google ne demandait rien pour l’intégration.
Les constructeurs veulent récupérer la main
Le virage se voit déjà chez General Motors. Le groupe a annoncé la fin d’Android Auto dans ses véhicules électriques, avec l’idée de l’abandonner ensuite sur l’ensemble de sa gamme. À la place, un système maison, conversationnel, qui utilisera Gemini de Google.
Ce n’est pas un cas isolé. Tesla et Rivian n’ont jamais adopté Android Auto. En parallèle, Google pousse depuis 2017 Android Automotive OS, un vrai système embarqué lancé commercialement sur la Polestar 2 en 2020. Et là, on n’est plus dans la simple projection du téléphone, on parle du cœur logiciel de la voiture. Clairement, plusieurs groupes préfèrent ça.
Derrière l’écran, la bataille des données
Pourquoi ce revirement ? Parce que la donnée compte. Avec Android Auto, Google récupère déjà beaucoup d’infos, notamment autour du GPS et de la cartographie, utiles pour le ciblage publicitaire. Or ces données-là n’arrivent pas vraiment chez les constructeurs.
GM explique qu’elles peuvent servir à améliorer l’expérience de recharge sur les véhicules électriques. Son système doit gérer un routage plus intelligent, en tenant compte de l’autonomie, de l’état de charge et de la disponibilité des bornes, avec en plus une intégration à Super Cruise. Le groupe promet aussi que les appels, le streaming ou l’accès aux assistants comme Siri et Google Assistant resteront possibles via AAOS et le Bluetooth. Il avance même des fonctions impossibles en projection simple, comme Dolby Atmos sur Amazon Music.
Le risque du retour de bâton
Le problème, c’est le mot qui fâche, abonnement. GM reconnaît lui-même qu’un système maison ouvre des opportunités de revenus récurrents. On se souvient du tollé autour de BMW et de ses sièges chauffants à environ 17 euros par mois (18$).
Et si les applis tournent directement dans la voiture, il faut aussi une connexion cellulaire active. Les derniers modèles GM incluent huit ans de services connectés OnStar, mais la suite reste floue. Chez Rivian, Rivian Connect+ coûte environ 140 euros par an. Même tarif annuel chez Tesla pour son offre premium.
Bon, la disparition n’est pas générale. La majorité des modèles 2026 gardent encore Android Auto et CarPlay. Mais le message est clair, certaines marques veulent vous sortir du téléphone pour vous ramener dans leur écosystème. Et ça, les acheteurs pourraient ne pas avaler.