House of the Dragon : la musique sauve encore une saison divisée

Le retour de la saison 3 relance House of the Dragon avec panache, mais un point fait consensus depuis un moment : sa musique tient la série debout.

House of the Dragon
Image d'illustration. House of the Dragon — HBO / PR-ADN
  • Ramin Djawadi fait l’unanimité
  • La saison 3 démarre par une grande bataille
  • La série reste très discutée

Il y a des séries qu’on regarde pour leurs personnages, d’autres pour leur monde. Et puis il y a le cas House of the Dragon, où un consensus ressort quand presque tout le reste divise, la musique de Ramin Djawadi. C’est presque ironique, vu l’ampleur des débats autour de la série.

Quand la série se divise, la partition rassemble

Depuis son lancement en 2022, House of the Dragon a eu un rôle assez clair pour HBO, refaire monter la confiance après la fin très contestée de Game of Thrones. Sur ce point, la série avait d’abord rempli sa mission. Puis la saison 2 a sérieusement grippé la machine, avec un rythme jugé catastrophique et une bonne partie du capital sympathie envolée.

Au milieu de ça, un élément tient bon, la bande originale. Même quand une scène manque d’ampleur ou d’impact dramatique, la musique de Ramin Djawadi arrive à donner du souffle, à élargir le cadre, à rendre l’ensemble plus grand qu’il ne l’est parfois vraiment. Ce n’est pas rien.

Une saison 3 plus spectaculaire, mais pas sans passif

Après deux ans d’attente, la saison 3 repart fort avec une immense bataille et un tournant narratif majeur. Le problème, c’est aussi ce que ce démarrage raconte en creux, ces événements auraient, visiblement, eu toute leur place en conclusion de la saison 2.

Et ce n’est qu’une partie du sujet. L’adaptation de Fire et Blood par le showrunner Ryan Condal multiplie les écarts avec le livre, au point que George R.

R. Martin a pris ses distances avec la série. Plus gênant encore, selon ses détracteurs, House of the Dragon rate parfois le sens même de la Dance of the Dragons, en insistant sur l’absurdité de la guerre via des malentendus, là où le livre montre surtout des personnages prêts à commettre l’horreur pour le pouvoir.

Pourquoi cette musique pèse autant à l’écran

La première de la saison 3 ressemble davantage à ce que les fans attendent d’un retour à Westeros. La Battle of the Gullet, en particulier, assume un spectacle naval comparé à Master and Commander de Peter Weir, avec en bonus des dragons qui tiennent lieu d’armes absolues. Visuellement, c’est imposant, même si l’attachement aux personnages pris dans le chaos ne suit pas toujours.

Là, Ramin Djawadi fait un vrai travail de précision. Sa partition commence bas, lente, lourde, très appuyée sur le piano. Puis elle accélère à mesure que la tension monte. Quand la bataille explose, les percussions entrent en jeu et donnent le signal de l’action. Surtout, le compositeur réinjecte des thèmes musicaux et des leitmotivs pour ramener les personnages au centre du vacarme. En gros, il ne décore pas l’image, il la recadre émotionnellement.

Ce que ça dit de la suite

Même les observateurs les plus indulgents ne présentent pas cette saison 3 comme un bloc parfaitement maîtrisé. Jeremy Mathai, dans sa critique, parle d’une approche contrastée qui devrait satisfaire une partie du public tout en agacant davantage les autres.

Résultat ? La musique devient presque une garantie minimale. Peu importe la direction prise par House of the Dragon, le score, lui, continue de faire le boulot. Et pour une série diffusée chaque dimanche sur HBO Max, ce n’est pas un détail, c’est peut-être ce qui maintient encore le lien quand le reste vacille.