En bref
- Le crossover sort en 2003
- Seize ans de développement chaotique
- Dernier chapitre des continuités originales
Le plus gros choc entre tueurs cultes du slasher a aussi été leur sortie de scène. Sorti le 15 août 2003, Freddy vs. Jason a réuni Freddy Krueger et Jason Voorhees, a rapporté environ 33 millions d’euros (36 M$) dès son lancement, puis environ 107 millions d’euros (116 M$) dans le monde. Pour deux franchises usées mais mythiques, c’était énorme.
Un événement taillé pour le box-office
À l’écran, le principe était limpide. Freddy Krueger, joué par Robert Englund, provoque le retour de Jason Voorhees, incarné par Ken Kirzinger, pour retrouver son emprise sur Springwood, dans l’Ohio. Sauf que Freddy perd vite le contrôle, et le film bascule en affrontement sanglant.
Mis en scène par Ronny Yu, sur un script de Damian Shannon et Mark Swift, le long-métrage sorti chez New Line Cinema a fait mieux que réunir deux mascottes de l’horreur. Il a surtout dépassé, à lui seul, les recettes de n’importe quel épisode pris séparément dans les sagas A Nightmare on Elm Street et Friday the 13th. Clairement, le pari commercial a payé.
Seize ans de blocages avant le duel
Le plus frappant, c’est le temps perdu avant d’y arriver. Les premières discussions remontent à 1987, peu après les sorties du troisième A Nightmare on Elm Street et du sixième Friday the 13th. À l’époque, New Line contrôlait Freddy, Paramount Pictures détenait Jason, et chacun voulait utiliser l’autre personnage sans lâcher le sien. Résultat, rien.
Quand New Line récupère ensuite les droits de Jason au début des années 1990, le projet repart, mais de travers. Plus d’une douzaine de scénaristes s’y cassent les dents, dont Lewis Abernathy, David S. Goyer, puis le duo Brannon Braga et Ronald D. Moore. Au total, 18 scripts finissent au placard.
Et pas des variantes mineures. Une version faisait de Freddy un ancien moniteur lié à la noyade de Jason, une autre imaginait un culte de fidèles de Freddy, une autre encore envoyait Jason au tribunal. Il aura fallu près de 5 millions d’euros (6 M$) engloutis dans ces pistes abandonnées pour qu’une version aboutisse enfin.
Le dernier vrai chapitre pour Freddy et Jason
On pouvait croire à un nouveau départ. C’est l’inverse qui s’est produit.
Même si Freddy’s Dead: The Final Nightmare et Jason Goes to Hell: The Final Friday étaient déjà vendus comme des fins, Freddy vs. Jason prolongeait bien la continuité des huit films Nightmare et des onze Friday. Sa fin restait ouverte, donc pas mal de fans imaginaient une suite. Elle n’est jamais venue.
À la place, les deux séries ont été relancées autrement. Friday the 13th a eu droit à un reboot en 2009. A Nightmare on Elm Street a suivi en 2010.
Le dernier Freddy de Robert Englund
Ce film a aussi une valeur particulière pour Robert Englund. Dans le reboot de 2010, c’est Jackie Earle Haley qui reprend le gant. Et l’acteur original a depuis expliqué que les exigences physiques du rôle, notamment les mouvements rapides de Freddy, étaient devenues trop lourdes avec l’âge.
Bref, Freddy vs. Jason n’est pas juste un crossover rare. C’est la dernière fois où l’on voit le Freddy d’Englund, celui qui a défini la série pendant toute sa continuité. Le film reste disponible à la location et à l’achat sur les plateformes numériques. Entre nostalgie et logique industrielle, il raconte bien plus qu’un simple duel, il montre comment Hollywood referme parfois une époque en vendant un événement.