En bref
- Freddy s’arrête en 1991 dans un volet mal reçu
- Le film final mise fort sur la 3D
- Son retour en 1994 est bien plus audacieux
Le plus intéressant, 35 ans plus tard, ce n’est pas seulement la date. C’est le contraste. En 1991, alors que le slasher commence à perdre de sa force, même une machine aussi identifiable que Freddy Krueger arrive en bout de course. Et pourtant, sa vraie sortie de scène n’a pas été sa meilleure idée.
Quand le slasher cale, Freddy arrive au bout du cycle
À la base, Wes Craven avait trouvé avec A Nightmare on Elm Street un concept redoutable, né d’un article sur des morts inexpliquées pendant le sommeil et d’un souvenir d’enfance, celui d’un homme aperçu la nuit devant sa fenêtre. Le résultat, vous le connaissez: un tueur qui frappe dans les rêves. Pas juste un monstre, un démon. Et ça change tout, parce qu’on ne peut pas vraiment fuir le sommeil.
Mais sept ans plus tard, New Line Cinema choisit de fermer la porte. Le genre fatigue, et A Nightmare on Elm Street 5: The Dream Child avait déjà montré des signes d’essoufflement. Le film allait trop loin dans l’histoire de la mère de Freddy, au point de suggérer que le personnage était maudit dès la naissance. Il signe alors le plus faible box-office de la saga à ce moment-là, environ 20 millions d’euros (22,1 millions de dollars), avec un score critique de 32% sur Rotten Tomatoes.
Un dernier tour plus gadget que légendaire
Le 13 septembre 1991 sort donc Freddy’s Dead: The Final Nightmare, vendu comme la dernière occasion de voir Freddy. New Line Cinema pousse l’idée jusqu’à la 3D, un gadget très daté, quand même, mais logique pour transformer l’enterrement en événement.
L’histoire se déroule dix ans plus tard. À Springwood, dans l’Ohio, Freddy a presque éliminé tous les enfants et ados. Il ne reste qu’un jeune homme, John Doe, joué par Shon Greenblatt, qui s’échappe de la ville avec une amnésie. Il croise ensuite trois jeunes d’un foyer difficile, ainsi qu’une docteure, Maggie, qui s’intéresse à eux. Tout ce petit monde retourne à Springwood, et Freddy se charge du reste.
Le film tente plusieurs choses, pas toujours heureuses. Doc, capable de contrôler ses rêves, donne à Maggie des lunettes 3D pour affronter Krueger. Il y a aussi des révélations contestées sur sa véritable identité, puis cette conclusion avec les Dream Demons, franchement tirée par les cheveux. Freddy finit bien dans le monde réel, où Maggie le tue. Définitivement, en théorie. Malgré son petit budget rentable, le film ne récolte qu’environ 31 millions d’euros (34,8 millions de dollars) et tombe à 23% sur Rotten Tomatoes, pire score de la franchise jusqu’au remake de 2010 et ses 14%.
Trois ans plus tard, le vrai rebond créatif
Puis arrive l’ironie parfaite. Trois ans après cette fin, Wes Craven et New Line Cinema trouvent une meilleure manière de ressusciter Freddy avec Wes Craven’s New Nightmare. Là, la saga se regarde elle-même comme une fiction, avant de faire entrer le cauchemar dans le monde réel.
Heather Langenkamp, Robert Englund et John Saxon reviennent en jouant des versions fictives d’eux-mêmes. Craven apparaît aussi sous son propre nom, occupé à écrire un reboot, pendant que le vrai Freddy influence ses rêves puis s’en prend au fils de Langenkamp. L’idée était brillante, et clairement en avance. Le public, lui, n’a pas suivi: environ 18 millions d’euros (19,7 millions de dollars), le plus bas box-office de la série. Mais avec 76% sur Rotten Tomatoes, juste derrière l’original, le film a fini par gagner son statut de classique culte. Et il annonçait déjà, en creux, ce que Scream allait faire ensuite avec l’horreur et sa propre mémoire.