En bref
- Freddy vs. Jason a cartonné en 2003.
- Une suite cinéma a été envisagée, puis bloquée.
- Le principal obstacle reste la question des droits.
Plus de 117 millions de dollars, soit environ 108 millions d’euros, et pourtant rien derrière. C’est le paradoxe de Freddy vs. Jason, sorti le 15 août 2003, un film pensé comme un événement et resté, 23 ans après, un cas presque frustrant dans l’histoire de l’horreur populaire.
Un succès qui n’a jamais vraiment ouvert de porte
On pouvait imaginer une machine lancée pour plusieurs épisodes. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Après des années d’attente, le face-à-face entre Freddy Krueger et Jason Voorhees a bien fini par arriver au cinéma, il a trouvé son public, mais il n’a jamais eu de suite sur grand écran.
Le plus ironique, c’est que tout était là pour en faire davantage. Le projet avait été teasé bien avant, à la fin de Jason Goes to Hell: The Final Friday, avec ce gant à lames qui emporte le masque de Jason. Pour les fans, le message était limpide. Sauf qu’ensuite, le film a traîné pendant plus d’une décennie, entre scripts remaniés et visions contradictoires, avant que New Line Cinema ne confie finalement la réalisation à Ronny Yu.
Le film a compris ce que le public était venu voir
Le cœur du film, franchement, fonctionne. Freddy pousse Jason à tuer des ados à Springwood pour redevenir une figure de peur, puis la situation dérape quand Jason prend trop de place. En gros, c’est une idée simple, un peu tordue, mais très efficace pour faire se rencontrer deux icônes du slasher.
Et quand le film appuie sur le spectacle, il livre. Les affrontements sont sanglants, généreux, parfois presque jouissifs dans leur excès. Ronny Yu ajoute en plus une vraie couleur visuelle, surtout dans les séquences de rêve, avec des rouges, des verts et des bleus qui donnent au film une identité plus marquée que beaucoup de productions du genre.
Tout n’a pas bien vieilli, quand même. Une bonne partie du récit repose sur un groupe d’ados peu mémorables, le jeu est parfois bancal, les effets numériques sentent fort 2003, et la présence de Kelly Rowland n’efface pas ces limites. Mais si vous veniez pour voir Freddy et Jason se démolir, le contrat est rempli.
La vraie suite a existé, mais pas là où on l’attendait
Avant même la sortie du film, New Line Cinema réfléchissait déjà à la suite. Le studio voulait même terminer le long-métrage avec un teasing autour de Pinhead, venu de Hellraiser. Puis une autre piste a pris de l’ampleur, Freddy vs Jason vs Ash, avec la franchise Evil Dead de Sam Raimi.
Mais ce crossover-là n’a jamais atteint le cinéma. Il a migré vers les comics, publiés en 2007 par Wildstorm et Dynamite Entertainment. La mini-série en six numéros adaptait justement cette suite abandonnée. Elle a même eu un prolongement en 2009 avec Freddy vs. Jason vs. Ash: The Nightmare Warriors, qui ramenait plusieurs personnages issus des trois univers.
Pourquoi l’horreur manque encore de grands crossovers
Le problème ne date pas d’hier. Bien avant cela, Universal jouait déjà au puzzle de monstres avec Frankenstein Meets the Wolf Man en 1943. Plus tard, le cinéma a encore tenté ce type de rencontre avec Alien vs. Predator, puis Godzilla face à King Kong en 2021.
Si ces films font parler, c’est parce qu’ils déclenchent immédiatement un réflexe très simple chez le public, choisir son camp. Alors pourquoi en voit-on si peu côté horreur ? Ici, la réponse tient en un mot, copyright. C’est ce qui a bloqué Freddy vs Jason vs Ash, et ce qui a aussi laissé Friday the 13th comme A Nightmare on Elm Street dans une forme de limbo pendant des années. Résultat ? Des rencontres perdues avec Michael Myers, Pinhead, Leprechaun ou Candyman. Et un film, Freddy vs. Jason, qui ressemble encore à une promesse à moitié tenue.