En bref
- Freddy Krueger a laissé un vide depuis 2003
- Cinq vilains modernes mêlent spectacle, humour et horreur
- Art the Clown apparaît comme l’héritier le plus solide
Le slasher a toujours eu ses boogeymen, mais pas tant que ça ses showmen. C’est là que Freddy Krueger a longtemps écrasé la concurrence, avec ce mélange de charisme, de vannes et de meurtres qui transformait chaque apparition en numéro de scène.
Le trône laissé vacant par Freddy
Avec A Nightmare on Elm Street, Wes Craven avait trouvé une formule rare, un tueur immédiatement identifiable, porté par Robert Englund, assez grand public pour traverser les suites et même une série télé. Puis le personnage a quasiment quitté le cinéma après Freddy vs Jason en 2003, dernière performance ciné d’Englund dans le rôle. Le remake de 2010 a bien tenté de relancer la machine, sans relancer durablement la saga. Et pendant ce temps, le genre a bougé.
Un nouveau film A New Nightmare on Elm Street est bien en développement. Mais l’époque n’a pas attendu son retour.
Ceux qui reprennent le mieux son mélange d’humour et de cauchemar
S’il faut chercher le cousin le plus évident de Freddy, The Grabber part avec une longueur d’avance. Dans The Black Phone, le tueur joué par Ethan Hawke est à la fois ravisseur d’enfants, serial killer et présence ironique assez tordue. Dans le premier film, Finney, incarné par Mason Thames, lui échappe avec l’aide des anciennes victimes. Puis Black Phone 2 pousse le curseur plus loin, avec un esprit vengeur qui attaque désormais via les rêves. Oui, la parenté est assez nette.
Et puis il y a Art the Clown. Silencieux comme Jason Voorhees ou Michael Myers, mais doté de la théâtralité de Freddy. Introduit dans All Hallows’ Eve, il a surtout pris une autre dimension avec la franchise Terrifier. Le gore attire l’œil, bien sûr, mais c’est David Howard Thornton qui fixe le souvenir. Sa performance, ultra physique, rend Art à la fois drôle, brutal et très lisible visuellement. Avec Terrifier 4 en route, on ne parle plus d’un espoir, mais d’une installation.
Des monstres plus récents qui imposent une présence
Chez Longlegs, le pari est différent. Nicolas Cage joue Dale Ferdinand Kobble, tueur laissant des indices cryptiques sans trace visible de son passage. Oz Perkins le cache longtemps, puis le lâche enfin à l’écran dans un registre très Cage, excessif, presque irritant, donc marquant. Le personnage meurt, oui, mais ses capacités surnaturelles et ses liens sataniques laissent une porte bien ouverte. Une suite a déjà été annoncée.
Plus surprenant encore, Gladys dans Weapons. La performance d’Amy Madigan a tellement marqué qu’elle lui a valu l’Oscar du meilleur second rôle en 2025. Sorcière se nourrissant de la force vitale, responsable de la disparition de 17 enfants à Maybrook, elle manipule aussi les adultes pour en faire des armes humaines. Le film de Zach Cregger prépare déjà un prequel centré sur elle. Clairement, le personnage a dépassé le simple effet de surprise.
Le vieux clown revenu comme une star neuve
Reste Pennywise, pas vraiment moderne sur le papier puisque tout part du roman de Stephen King en 1986. La mini-série de 1990 avec Tim Curry a traumatisé pas mal de monde, mais son format télé avait lissé l’ensemble. Le vrai redémarrage arrive en 2017, quand Andy Muschietti confie le clown à Bill Skarsgård. It devient alors le plus gros succès horrifique de l’histoire au box-office, puis It: Chapter Two confirme en 2019.
Et avec It: Welcome to Derry, Pennywise continue de hanter la pop culture. Ce qui compte, au fond, c’est moins la date de naissance du monstre que sa capacité à revenir dans la conversation. C’est là que l’horreur fabrique ses nouvelles icônes.