Pourquoi ce film Vendredi 13 a failli envoyer Jason au placard

Promis à Manhattan, Jason a surtout erré sur un bateau. Ce faux départ a plombé le box-office et presque cassé la saga Friday the 13th.

Friday the 13th Part VIII Jason Takes Manhattan
Friday the 13th Part VIII Jason Takes Manhattan — Horror Films / PR-ADN

En bref

  • Le film promettait Manhattan, livre surtout un bateau.
  • Le box-office a signé le pire score.
  • La saga a pourtant fini par rebondir.

On vendait Jason à Manhattan. Le public a surtout eu droit à un huis clos flottant. Trente-sept ans plus tard, c’est encore le vrai sujet autour de Friday the 13th Part VIII: Jason Takes Manhattan, un épisode qui a failli faire dérailler toute la machine.

Une affiche vendait New York, le film restait en mer

L’idée, sur le papier, avait du sens. Après sept films à tourner autour de Crystal Lake, déplacer Jason Voorhees semblait presque nécessaire. Les bandes-annonces et affiches appuyaient là-dessus, avec un tueur masqué enfin lâché dans la grande ville, entre skyline et clin d’œil au logo I Love New York.

Mais le film passe l’essentiel de son temps sur le SS Lazarus, un bateau qui emmène une classe de terminale de Crystal Lake jusqu’à New York. Jason Voorhees monte à bord, élimine les ados un par un, et l’intrigue tourne longtemps autour de ça, avec en prime des personnages qui discutent sans fin de son existence. Manhattan, elle, n’arrive qu’en fin de parcours, pour environ vingt minutes. Et même ces séquences ont souvent été tournées à Vancouver, pas à New York.

Le budget a raboté l’idée jusqu’à l’os

Ce faux rendez-vous n’a rien d’un accident créatif. C’est surtout une histoire de portefeuille. Tourner à New York coûte cher, et les coupes budgétaires ont amputé une bonne partie des scènes prévues dans la ville.

Résultat, le film traîne. Il y a bien quelques mises à mort qui fonctionnent, quand même, mais pas assez pour compenser cette longue attente avant le décor promis. Quand Jason finit enfin à Times Square, l’effet tombe un peu à plat. L’idée reste drôle, presque pop, mais elle arrive trop tard.

Un box-office trop faible pour une machine à suites

Le plus embêtant, ce n’est pas seulement la déception des fans. C’est le signal envoyé à l’industrie. Dans les années 1980, la saga Friday the 13th faisait partie des gros rapports qualité-investissement de Paramount, malgré l’hostilité régulière de la critique.

Sauf que l’usure des suites commençait à se voir. Friday the 13th Part VIII a rapporté un peu plus de 13 millions d’euros (14 millions de dollars) pour un budget d’environ 5 millions d’euros (5 millions de dollars), soit le plus faible score de la franchise. Pas un crash absolu, bref, mais assez pour rendre la suite très incertaine.

Une fin absurde qui compliquait déjà la suite

Et le scénario n’a rien arrangé. Le final se joue dans les égouts de New York, où Rennie attire Jason sous terre avant une montée d’eaux toxiques. Le tueur y semble fondre, puis redevient un enfant. C’est à la fois humiliant pour le personnage et franchement bancal pour relancer une suite.

Il faudra attendre 1993 et Jason Goes to Hell: The Final Friday pour que la série reparte, avec un autre épisode très discuté. Ce qui rend ce vieux raté intéressant aujourd’hui, c’est le contraste. Alors que Jason Universe a été annoncé en 2024, que la série préquelle Crystal Lake approche et que de nouveaux films avancent, on voit mieux ce que cette saga sait faire de mieux, survivre à ses propres mauvais choix.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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