En bref
- Deux suites ratées sont sorties le même jour
- The Final Destination a pourtant cartonné grâce à la 3D
- Halloween a mis presque dix ans à rebondir
Le 28 août 2009 a concentré deux des pires réflexes du cinéma d’horreur des années 2000. Ce jour-là, Halloween II de Rob Zombie et The Final Destination, quatrième volet de la saga, arrivaient ensemble en salles. Les deux ont été laminés par la critique, avec des agrégats sous les 30 %, et le public n’a pas été beaucoup plus tendre, sous les 45 % dans les deux cas.
Le même vendredi, deux franchises ont touché le fond
Ce n’était pas juste une mauvaise semaine pour l’horreur. C’était presque un résumé de ses dérives à l’époque, entre suites usées et envie de rendre les monstres plus complexes, parfois au prix de ce qui faisait leur force.
Pour les fans, le choc a été double. D’un côté, Michael Myers version Rob Zombie. De l’autre, une saga Final Destination qui troque sa mécanique de cause à effet contre un grand parc d’attractions 3D. Résultat ? Deux films encore souvent cités comme des points très bas du genre dans les années 2000.
Pourquoi Halloween II a cassé net l’élan de la saga
Le remake de 2007 avait déjà crispé une partie du public. Rob Zombie y donnait à Michael Myers une histoire plus lourde, plus expliquée, avec un tueur brutal qui massacre notamment son beau-père, sa sœur, le petit ami de celle-ci et un camarade d’école avant d’être interné.
Avec Halloween II, il en remet une couche. Le film se concentre sur le traumatisme de Laurie, incarnée par Scout Taylor-Compton, pendant que Michael revient terminer ce qu’il avait commencé. Le problème, clairement, c’est l’exécution : violence jugée gratuite, mythologie interne encore plus étrange avec la mère fantôme jouée par Sherry Zombie et le cheval blanc, sans oublier ce choix resté célèbre, voir Tyler Mane enlever souvent le masque pour devenir le tristement surnommé Hobo Myers.
La saga en a payé le prix. Elle a été mise à l’arrêt jusqu’au retour opéré presque dix ans plus tard.
The Final Destination, mauvais film mais bon produit de son époque
Là où Halloween II a peiné au box-office, avec un total mondial d’environ 37 millions d’euros (40 millions de dollars) pour un budget d’environ 14 millions d’euros (15 millions de dollars), The Final Destination a fait l’inverse. Le film a rapporté environ 172 millions d’euros (187 millions de dollars) pour un budget d’environ 37 millions d’euros (40 millions de dollars), alors même que les précédents coûtaient en moyenne autour de 21 millions d’euros (23 millions de dollars).
Pourquoi ? La 3D, tout simplement. Le film en fait un gimmick central, au point de remodeler ses mises à mort et son pseudo-récit autour de l’effet de jaillissement. Sauf que l’intérêt de Final Destination, d’habitude, c’est cette chorégraphie presque mécanique où la mort manipule l’environnement par petites causes et grands effets. Ici, cette idée passe au second plan, et le grand faux twist final reste vu comme l’un des pires de la série.
Mais en 2009, le public voulait tester ce futur promis du cinéma, quelques mois avant Avatar. Le film a profité de cette vague, même si, sans les lunettes, il vieillit franchement mal.
Les deux sagas ont fini par se relever, chacune à sa manière
Halloween s’est refait une santé le premier. La relance de 2018 signée David Gordon Green et Danny McBride a été bien reçue et a rapporté environ 239 millions d’euros (259,9 millions de dollars) pour un budget d’environ 9 millions d’euros (10 millions de dollars). Elle a lancé deux suites, qui ont à leur tour ravivé la réputation très inégale de la franchise.
Chez Final Destination, c’est Bloodlines qui a remis la machine sur les rails avec environ 292 millions d’euros (317 millions de dollars), assez pour valider une nouvelle suite prévue en 2028. Ce que raconte vraiment cette date du 28 août 2009, c’est ça : une franchise peut survivre à un très mauvais épisode, mais elle ne se relève jamais de la même façon.