Dogecoin et sécurité sociale : un scandale potentiel aux États-Unis

Image d'illustration. Department of Government EfficiencyDOGE / PR-ADN
L’opération DOGE, soutenue par Elon Musk, est liée à la manipulation suspecte de bases de données critiques.
Tl;dr
- La Sécurité sociale américaine (Social Security Administration) fait l’objet d’une enquête après des soupçons de fuite massive de données signalés par un lanceur d’alerte.
- Deux fichiers sensibles, Numident et Master Death File, contenant les informations de plus de 500 millions de personnes, auraient été copiés par un ancien ingénieur lié à l’initiative DOGE soutenue par Elon Musk.
- L’enquête a été ouverte récemment, malgré des vérifications internes n’ayant rien révélé, et soulève des inquiétudes persistantes sur la sécurité des données personnelles aux États-Unis.
Des soupçons de fuite massives à la Sécurité sociale américaine
Le spectre d’une nouvelle affaire de fuite de données plane sur l’Administration de la Sécurité sociale (SSA). Selon des informations relayées par le Washington Post, une enquête a été ouverte par le bureau de l’inspecteur général, après qu’un lanceur d’alerte a signalé des irrégularités majeures impliquant un ancien ingénieur logiciel lié à l’opération baptisée « Department of Government Efficiency » (DOGE), initiative soutenue par Elon Musk.
L’accusation : des bases de données sensibles extraites et transférées
Au cœur du dossier, deux fichiers informatiques hautement sensibles, « Numident » et « Master Death File », contenant les informations personnelles de plus de 500 millions d’Américains vivants ou décédés. D’après le signalement, un ex-employé de DOGE aurait demandé l’aide d’un tiers pour copier ces bases depuis une clé USB vers son ordinateur personnel, prétendant vouloir « sanitiser les données avant leur utilisation dans l’entreprise » où il travaille désormais en tant que sous-traitant gouvernemental. Les enjeux ? Potentiellement gigantesques, si l’on considère le volume et la nature des informations concernées.
Lenteur et incertitudes autour de la réaction institutionnelle
La plainte initiale a été déposée dès janvier auprès de l’inspecteur général. Mais lorsque le Washington Post a contacté l’agence fédérale ainsi que l’entreprise concernée, ni l’une ni l’autre n’avait connaissance du dossier. Tous deux ont affirmé ne pas avoir retrouvé d’éléments corroborant ces allégations après vérification interne. Le mystère demeure quant aux raisons pour lesquelles l’enquête vient seulement d’être lancée. En parallèle, les membres du Congrès américain ainsi que le Government Accountability Office ont été avisés du début des investigations.
Doutes persistants et inquiétudes déjà anciennes sur la sécurité des données
Ce n’est pas la première fois que DOGE se retrouve au cœur d’une controverse sur la gestion des données issues de la SSA. Dès août dernier, un autre lanceur d’alerte, Charles Borges, alors chief data officer au sein de l’agence, avait dénoncé la présence non sécurisée d’une base sensible sur un cloud accessible. À propos des révélations récentes, Borges souligne avec gravité : « C’est littéralement le pire scénario possible. Il pourrait exister une ou un million de copies ; désormais nous ne saurons jamais combien circulent réellement. »
Face à ces multiples alertes successives, une certitude s’impose : la question de la protection des données personnelles américaines, déjà sous tension, s’avère plus brûlante que jamais pour les autorités fédérales.