Clint Eastwood regrette surtout ces 3 géants du vieil Hollywood

Après plus de 70 ans de carrière, Clint Eastwood garde un regret précis : ne jamais avoir tourné avec trois réalisateurs majeurs d’un Hollywood finissant.

Oscars
Image d'illustration. Oscars — ADN
  • Clint Eastwood cite trois regrets précis
  • Le timing de Hollywood a tout changé
  • Howard Hawks, une rencontre sans film

Plus de 70 ans de carrière, quatre Oscars, des succès géants, des drames très tenus. Et malgré ça, Clint Eastwood garde un manque assez simple : il est entré dans le métier au moment exact où une partie du vieil Hollywood quittait la scène.

Arrivé au bon moment, sauf pour ses maîtres

Dans les années 1950, quand Eastwood suit les cours du programme de talents d’Universal, l’âge d’or des studios touche déjà à sa fin. La décision de la Cour suprême contre Paramount a forcé les studios à céder leurs salles, la télévision grimpe très vite, et les contrats verrouillés des acteurs commencent à perdre de leur poids.

Lui-même résume presque cette transition à lui seul. En 1955, il fait enrager le réalisateur Jack Arnold sur le tournage de Revenge of the Creature, puis Universal le lâche la même année. Quatre ans plus tard, il profite de l’essor du petit écran avec Rawhide. Et en 1964, il devient le visage de westerns révisionnistes qui vont pousser le genre vers sa fin. Résultat ? Il a traversé le bon virage, mais trop tard pour certains cinéastes.

Les trois cinéastes qu’il aurait voulu suivre

Interrogé en 2007 par Philip French pour The Observer, Eastwood expliquait que beaucoup de ces réalisateurs partaient déjà à la retraite quand lui arrivait. Il connaissait socialement Billy Wilder et aurait adoré tourner avec lui. Il rappelait aussi avoir travaillé avec William Wellman sur Lafayette Escadrille, tout en citant deux autres noms, Howard Hawks et Raoul Walsh.

Le cas Wilder pèse un peu plus lourd, parce qu’il a signé Sunset Boulevard, le film préféré d’Eastwood. Ce qui le fascinait, d’après Esquire, c’était le mélange de « deux styles différents », celui de l’actrice du cinéma muet et celui, plus contemporain, du personnage joué par William Holden. Pas mal de cinéastes admirent un film. Là, on sent un vrai regret d’acteur.

Howard Hawks, la presque rencontre avant la carrière

Le plus drôle, quand même, concerne Howard Hawks. Dans Conversations with Clint: Paul Nelson’s Lost Interviews with Clint Eastwood, 1979-1983, Eastwood raconte qu’à 17 ans, lors d’un trajet entre Oakland et San Luis Obispo, lui et ses amis se retrouvent à une soirée à Westwood. Ils voient des chevaux filer sur Sepulveda, les rattrapent, les ramènent, puis un homme arrive en courant pour les remercier.

Eastwood se souvenait avoir dit : « Mon Dieu, il faut qu’on attrape ces chevaux ». Plus tard, on lui apprend que l’homme en question était Howard Hawks, un grand nom du cinéma. Il le recroisera bien des années après à une soirée, mais l’histoire s’arrête là. Aucun film, aucun vrai compagnonnage.

Le regret dit aussi quelque chose de Hollywood

Avec Raoul Walsh, il y a aussi un fil symbolique. Walsh fut l’un des grands collaborateurs de John Wayne, au point qu’on lui attribue parfois le nom de scène du « Duke », et il l’a dirigé dans The Big Trail, son plus grand rôle avant Stagecoach. Voir Eastwood admirer Walsh, c’est voir un cowboy mythique saluer l’atelier d’un autre temps.

Et ce n’était pas son seul rendez-vous manqué. Il disait aussi avoir failli travailler avec Alfred Hitchcock, mais que le cinéaste britannique n’était plus en état physique de le faire. Bon, derrière l’anecdote, il y a surtout ça : même les carrières immenses dépendent d’un calendrier. Dans le cinéma, une génération peut tout changer.