En bref
- Un épisode d’Agents of SHIELD fête ses six ans
- Les fans le placent au sommet de la série
- Marvel continue pourtant de l’ignorer
Il y a des épisodes que les fans n’oublient pas, même quand Marvel Studios fait comme s’ils n’existaient pas. Diffusé le 22 juillet 2020, « As I Have Always Been » reste, six ans après, le chapitre le mieux noté de Agents of SHIELD sur IMDb, avec 9,5/10 sur un total de 136 épisodes.
Un carton critique que Marvel laisse dans l’ombre
Ce succès dit quelque chose de plus large. Aujourd’hui, le MCU traite ses séries comme des pièces centrales, avec Loki relié à Avengers: Doomsday et WandaVision qui mène vers Doctor Strange in the Multiverse of Madness. Mais avant l’ère Disney+, la télévision chez Marvel vivait sur une autre branche, beaucoup moins considérée. Et c’est sans doute Agents of SHIELD qui en a le plus pâti.
Les sept saisons sont pourtant bien disponibles sur Disney+. Le paradoxe est là, quand même. La série est facile d’accès, mais reste souvent absente du récit officiel autour du Marvel télévisé.
Le moment où la boucle temporelle devient plus qu’un gimmick
Dans sa saison 7, la série envoie son équipe principale à travers différentes décennies pour empêcher les Chronicoms, une race extraterrestre, d’effacer le SHIELD de l’existence. Leur base mobile, le Zephyr One, sert alors de machine à voyager dans le temps.
Puis l’épisode 9 resserre brutalement le cadre. À cause d’une panne du moteur temporel, le vaisseau se retrouve pris dans une tempête temporelle et saute, boucle après boucle, vers un effondrement spatial total. Seuls Daisy Johnson et le Coulson LMD comprennent qu’ils revivent sans cesse la même séquence, pendant que le reste de l’équipage avance à l’aveugle.
Pourquoi Agents of SHIELD a fini par trouver sa vraie voix
Ce qui frappe, c’est que la série n’a pas toujours été à ce niveau. Sa première saison tournait souvent à vide, avec Phil Coulson et son équipe face à des menaces assez anodines à côté des films sortis au même moment.
Le vrai déclic arrive avec « Turn, Turn, Turn », le 17e épisode, qui se connecte directement à la révélation de Hydra dans Captain America: The Winter Soldier. À partir de là, Agents of SHIELD ose davantage, adapte des concepts plus pointus des comics et passe d’une mécanique un peu artificielle à un univers beaucoup plus souple, presque joueur.
Un adieu qui résume tout ce que la série savait faire
Le scénario de Drew Z. Greenberg ne se contente pas d’utiliser la boucle temporelle comme moteur narratif. Il s’en sert pour casser les défenses des personnages. Daisy se rapproche enfin de Daniel Sousa, agent déplacé des années 1950. Elle doit aussi accepter le Coulson LMD comme un membre réel de l’équipe, malgré le poids affectif du personnage original.
Dans le même mouvement, l’épisode révèle que Jemma Simmons porte un implant mémoire localisé qui bloque son savoir sur Leo Fitz. Et la résolution passe par le sacrifice d’Enoch, allié Chronicom devenu favori des fans. Bref, tout tient parce que l’humain ne disparaît jamais derrière la SF.
Un détail compte pas mal aussi, l’épisode marque les débuts à la réalisation d’Elizabeth Henstridge, pourtant actrice régulière de la série. Un pari risqué sur le papier, très juste à l’écran. Et il rappelle une chose, la télévision Marvel la plus intéressante n’est pas toujours celle qu’on met en avant aujourd’hui.