Cette incroyable parodie de Star Wars réalisée sans budget reste méconnue du grand public

Image d'illustration. Hardware WarsHardware Wars / PR-ADN
Réalisée sans le moindre budget, cette parodie de Star Wars étonne par sa créativité et son humour. Restée largement méconnue, elle séduit pourtant les fans de la saga grâce à des idées originales et une passion communicative.
Tl;dr
- « Hardware Wars » : première parodie ciné de « Star Wars ».
- Ernie Fosselius détourne la saga avec humour absurde.
- Le film reste culte pour son style bricolé et irrévérencieux.
Un phénomène pop, bientôt moqué
En mai 1977, la sortie de Star Wars marque un tournant culturel. L’Amérique, plongée dans le pessimisme des films comme « Taxi Driver » ou « Apocalypse Now », découvre alors une épopée spatiale lumineuse, presque salvatrice. Rapidement, cet engouement déclenche une avalanche de détournements : quelques mois après la première, le musicien Meco transforme déjà le thème de John Williams en tube disco, tandis que sur Saturday Night Live, Bill Murray s’essaye à une version lounge du même air. Même les pages du magazine satirique MAD Magazine s’emparent du phénomène dès janvier 1978.
L’irrévérence bricolée d’« Hardware Wars »
C’est justement à cette époque qu’émerge « Hardware Wars », l’une des toutes premières parodies filmées de la saga créée par George Lucas. Aux manettes : Ernie Fosselius, artisan touche-à-tout qui débourse à peine 8 000 dollars pour signer un court-métrage de 13 minutes délirant. Ici, tout respire le système D : vaisseaux spatiaux faits de fers à repasser, droïdes incarnés par des aspirateurs ou vieux réfrigérateurs, et sabres-laser remplacés par des lampes torches. Même la bande-son opte pour un clin d’œil audacieux, remixant l’ouverture de Wagner plutôt que celle de Williams.
La galerie de personnages est tout aussi improbable :
- Fluke Starbucker, alter ego lunaire de Luke Skywalker ;
- Ham Salad, version déjantée de Han Solo ;
- Chewchilla the Wookiee Monster, cousin brun du Cookie Monster ;
- et l’inénarrable Darph Nader dont on ne comprend pas un traître mot sous son masque épais.
L’empreinte d’un trublion créatif
À l’origine animateur pour « Sesame Street », Fosselius se forge vite une réputation d’agitateur du pop-culturel américain. Déjà auteur d’un film sur un hamburger volant — « The Hindenburger » — il enchaîne ensuite les parodies comme « Porklips Now ». Membre fondateur des Mystic Knights of the Oingo Boingo (le collectif précurseur d’Oingo Boingo, associé à Danny Elfman), il finit même par collaborer avec Mel Brooks sur « Spaceballs ».
Ce goût pour l’ironie ne passe pas inaperçu auprès de l’équipe de Lucasfilm. Sollicité pour prêter sa voix à certains personnages secondaires — du gardien du Rancor dans « Return of the Jedi » à des pilotes d’Indiana Jones and the Temple of Doom — Fosselius laisse ainsi sa marque sur plusieurs œuvres cultes.
Culte pour les grands enfants… et les autres ?
Si son humour évoque parfois les plaisanteries d’enfants dissipés (« fart noises with your armpits », disaient certains critiques), « Hardware Wars » conserve aujourd’hui encore une fraîcheur toute particulière. Entre autodérision bon enfant et satire joyeusement iconoclaste, ce court-métrage demeure une curiosité attachante pour ceux qui aiment voir leurs mythes ébranlés… mais toujours avec le sourire.