En bref
- Quatre séries mal notées surprennent vraiment
- Le décalage critiques-public saute aux yeux
- Le contexte compte autant que la note
Une mauvaise note peut faire rater une bonne série. C’est presque banal aujourd’hui, surtout quand l’accueil critique juge parfois moins l’œuvre que l’idée qu’on s’en faisait avant de lancer le premier épisode.
Quand l’attente écrase la série
Avec The Lord of the Rings: The Rings of Power, le problème commence sans doute là. Beaucoup l’ont abordée comme une nouvelle version des films de Peter Jackson, ou comme un examen de fidélité à J. R. R. Tolkien, alors que la série raconte autre chose, des milliers d’années avant The Lord of the Rings, durant le Deuxième Âge de la Terre du Milieu, avec le retour de Sauron, joué par Charlie Vickers, et la création des Anneaux de pouvoir.
Oui, les premières saisons sont lentes, parfois trop. Certaines intrigues mettent du temps à décoller, et une structure plus resserrée aurait aidé. Mais quand la série touche juste, elle livre une fantasy épique que la télévision sort rarement à cette échelle. Les lieux ont une vraie identité, le monde paraît immense, et la saison 2 montre en plus une série capable d’apprendre de ses erreurs.
Le plaisir pur face au procès en superficialité
À l’autre bout du spectre, Emily in Paris se fait presque critiquer par réflexe. Pourtant, la promesse n’a jamais été celle d’un portrait réaliste de Paris ou d’une grande satire du travail. On suit Emily, incarnée par Lily Collins, une Américaine du marketing qui débarque dans une agence française sans parler français, puis enchaîne amitiés, romances et situations franchement improbables.
Les reproches sont connus, clichés à la chaîne, vision stéréotypée des Français, peu de profondeur. Et quand même, la série file vers une sixième et dernière saison. Si elle tient, ce n’est pas un mystère, les personnages sont charismatiques, les tenues et les décors font partie du spectacle, et Lily Collins réussit très bien ce personnage agaçant mais jamais lassant. Son vrai carburant, c’est l’évasion.
Le rythme lent, défaut pour les uns, méthode pour les autres
Avec The Crowded Room, le rejet critique tient beaucoup au tempo. L’histoire suit Danny Sullivan, joué par Tom Holland, arrêté à New York en 1979 après son implication dans un crime, pendant que l’enquêtrice Rya Goodwin, incarnée par Amanda Seyfried, tente de comprendre ce qui s’est vraiment passé.
Le récit avance par fragments, revient en arrière, garde ses réponses pour plus tard. Forcément, ça peut frustrer. Mais ici, cette lenteur sert la construction du mystère autant que celle du personnage. Quand les révélations tombent, la perception de Danny change, et la structure prend soudain une autre tenue. La performance de Tom Holland, dans un rôle compliqué, fait beaucoup.
Le grand écart critiques-public n’arrive pas par hasard
Puis il y a The Terminal List, dont presque personne ne parle vraiment alors que l’écart entre notes critiques et notes du public est énorme. Chris Pratt y joue James Reece, un Navy SEAL qui rentre chez lui après la mort de presque tout son peloton dans une embuscade, avant de comprendre que la mission n’a peut-être pas échoué par accident.
La série déroule alors un thriller de complot et vengeance, entre armée, gouvernement, paranoïa et action. Certains twists se voient venir, bref, mais l’ensemble reste solide et sait exactement ce qu’il promet. Ce n’est pas une dissertation sur la guerre. C’est un moteur narratif efficace, et avec une saison 2 en approche, on voit bien pourquoi ce type de séries continue de trouver son public. La vraie question, au fond, c’est peut-être moins la note que l’attente qu’on projette dessus.