En bref
- Le genre a relevé ses standards
- Cinq films ont très mal vieilli
- Deux acteurs se sont ensuite rattrapés
Le cinéma de super-héros a tellement monté en gamme que certains films, autrefois vendus comme de gros rendez-vous, paraissent aujourd’hui presque irréels. Pas parce que les personnages étaient mauvais. Parce que l’exécution n’a pas suivi.
Le problème, ce n’est pas l’idée mais l’époque
Depuis le début des années 2000, le genre a beaucoup changé. Les meilleurs films récents ont imposé des attentes plus hautes, en écriture, en ton, en cohérence visuelle. Du coup, plusieurs adaptations de comics sorties avant cette vraie maturité ont subi une réévaluation assez brutale.
Certaines semblaient cool sur le papier. D’autres étaient bien vendues par leurs bandes-annonces, ou profitaient simplement d’un contexte culturel favorable. Avec le recul, elles donnent surtout l’impression d’avoir promis bien plus qu’elles ne pouvaient tenir.
2011, année de faux départs pour deux adaptations attendues
Chez The Green Hornet, il y avait pourtant de quoi y croire. Seth Rogen sortait d’une belle série en comédie, l’idée de remettre au goût du jour un justicier pulp né dans les années 1930 avait un vrai charme, et le rôle popularisé par Bruce Lee passait à Jay Chou, alors nouveau venu à Hollywood. Le film a finalement surtout laissé l’image d’un script brouillon, incapable d’équilibrer l’action et l’humour, avec un héros gâté et pénible à suivre.
Le cas de Green Lantern est différent, mais la chute est du même ordre. Les films DC profitaient encore de l’élan de The Dark Knight, Ryan Reynolds avait déjà une vraie présence de star, et les effets visuels montrés dans les trailers vendaient quelque chose de spectaculaire. À l’arrivée, l’adaptation a été jugée ratée, et Reynolds pas du tout adapté à Hal Jordan. Son vrai lot de consolation, c’est d’avoir ensuite trouvé un rôle bien plus juste avec Deadpool.
Quand le style d’une époque tourne au malaise
En 2003, Daredevil paraissait raccord avec son temps. Héros en cuir, ton sombre, bande-son chargée en rock et en ballades émotionnelles, tout ça pouvait passer pour du sérieux. Aujourd’hui, presque tout a mal vieilli, du costume aux dialogues qui forcent l’aspect edgy. Et le plus dur, c’est que X-Men et Spider-Man, sortis avant, tiennent quand même bien mieux.
Encore plus loin, Steel partait sur une idée simple, caster Shaquille O’Neal, alors immense star du sport, en héros DC. L’idée avait séduit quelques spectateurs à l’époque, malgré un accueil déjà mauvais. Maintenant, le film est surtout vu comme l’un des pires du genre, avec une prestation faible de Shaq, un script raté et des valeurs de production encore plus fragiles. Même la nostalgie ne suffit plus vraiment.
Le cas Jonah Hex, ou la promesse gâchée
Reste Jonah Hex, sorti en 2010. Le personnage mériterait encore aujourd’hui un vrai reboot moderne, tant son potentiel est évident. À l’époque, voir Josh Brolin, juste après No Country for Old Men, porter ce western super-héroïque avec un solide casting secondaire donnait au projet une crédibilité assez rare.
Mais le film s’est transformé en désordre complet. Rythme précipité, récit décousu, et cette idée d’ajouter des pouvoirs surnaturels au personnage, clairement, n’a fait qu’aggraver le problème. Au moins, Brolin a ensuite recadré son héritage comics en devenant Thanos dans le MCU. Et ça dit quelque chose d’assez net sur le genre, aujourd’hui, une bonne idée ne suffit plus, il faut une vraie vision et une adaptation solide.