En bref
- Lanterns rappelle le potentiel de Nancy Drew
- La série de The CW visait plus sombre
- Son problème majeur, c’était surtout la chaîne
On ne range pas spontanément Lanterns et Nancy Drew dans la même case. Et pourtant. L’une est un polar spatial tiré de DC Comics, l’autre une adaptation d’héroïne jeunesse passée par The CW. Mais les deux reposent sur la même idée, prendre un univers connu, le dépouiller de sa couche la plus rassurante, puis le recadrer en mystère sombre.
Deux séries que tout oppose, sauf l’essentiel
Chez HBO, Lanterns, créée par Chris Mundy, Damon Lindelof et Tom King, dépasse les attentes initiales avec une enquête autour d’un meurtre à Rushville, dans le Nebraska. Au centre, Hal Jordan et John Stewart, des gardiens de la paix interstellaires ramenés sur terre, dans une affaire qui pourrait avoir des liens extraterrestres.
Ce qui frappe, ce n’est pas juste le vernis comics. C’est la manière dont la série complique ses héros, les rend parfois antipathiques, et fait de Rushville un décor plein d’angles morts. Pas un village carte postale. Une ville avec des fissures.
Nancy Drew avait déjà cassé son image lisse
De son côté, Nancy Drew avait tenté quelque chose d’assez proche. La série est passée par CBS, puis NBC, avant d’atterrir sur The CW en 2018 pour une commande de pilote, puis de série en 2019. À l’écran, on suivait une Nancy de 18 ans, jouée par Kennedy McMann, qui repousse son départ pour l’université de Columbia après la mort de sa mère.
Elle reste dans sa ville natale, travaille au restaurant le Claw, et se retrouve mêlée à l’enquête sur le meurtre de la mondaine Tiffany Hudson. Avec ses collègues, elle doit aussi se disculper. Et en creusant, le groupe tombe sur une vieille affaire non résolue liée à une légende urbaine.
Puis la série glisse plus loin dans le surnaturel, les secrets familiaux et une noirceur franchement inattendue. Oui, il y avait du mélodrame, parfois du kitsch. Mais quand même, sous cette couche très CW, il y avait une vraie proposition.
Le vrai bug, c’était la chaîne
Là se joue le contraste. Lanterns peut respirer sur HBO, installer ses couches de conspiration et son ton adulte. Nancy Drew, elle, semblait coincée entre série ado et fiction plus mature. En gros, la bonne idée n’était pas au bon endroit.
Le personnage y perdait son vernis classique, petite détective parfaite, souriante, bien coiffée. À la place, la série proposait une héroïne abîmée, brouillonne, secrète. Clairement plus intéressante.
Une annulation qui dit beaucoup du marché
La série s’est arrêtée en 2023 après quatre saisons. Malgré une base de fans fidèle, les audiences ne décollaient pas vraiment et l’accueil critique n’a jamais été massif. Mais la vraie bascule tient aussi au rachat de The CW par Nexstar, qui a changé la stratégie de programmation en mai 2022 et supprimé une grande partie des productions originales. Nancy Drew coûtait trop cher pour ce nouveau modèle.
Impossible, aujourd’hui, de relancer simplement cette version-là. Les contrats ont expiré, les équipes ont bougé, et la fin offrait une forme de conclusion. Reste le concept. Et c’est là que Lanterns devient un signal intéressant, pas pour copier une série, mais pour rappeler qu’une adaptation plus adulte de Nancy Drew avait peut-être juste plusieurs années d’avance sur la mauvaise chaîne.