Ces films fantasy d’abord rejetés sont devenus des classiques

Image d'illustration. WillowLucasfilm / PR-ADN
Mal reçus à leur sortie, ces quatre films de fantasy ont fini par être célébrés. Leur point commun dit beaucoup sur la façon dont un genre vieillit.
En bref
- Quatre films d’abord très discutés
- Leurs défauts d’hier séduisent aujourd’hui
- La fantasy vieillit souvent à contretemps
La fantasy a ce défaut curieux, on la juge souvent trop tôt. Ce qui paraît étrange, excessif ou trop simple au moment de la sortie peut devenir, quelques décennies plus tard, exactement ce qu’on vient chercher. Ces quatre films en sont une bonne preuve.
La fantasy paie souvent le prix des attentes
Le point commun entre The Dark Crystal, Hook, Willow et Hocus Pocus, ce n’est pas seulement leur statut actuel de classiques. C’est le malentendu de départ. Chacun a été reçu avec un cahier des charges implicite, plus léger pour l’un, plus ambitieux pour l’autre, plus fidèle à une œuvre connue ou plus carré dans sa narration. Résultat, des films jugés de travers.
Avec le temps, les reproches initiaux ont changé de sens. Ce qui passait pour un défaut, un ton trop sombre, un style trop grand, un récit trop familier ou trop bordélique, a fini par devenir une signature.
Quand l’étrangeté finit par gagner
Pour The Dark Crystal, le choc venait surtout de l’attente autour de Jim Henson. Le public pensait trouver quelque chose de plus accessible, plus doux. Il découvre au contraire l’odyssée de Jen, l’un des derniers Gelflings, lancé pour restaurer le cristal de vérité et stopper les Skeksis dans le monde de Thra.
À l’époque, ce mélange de noirceur, d’étrangeté et d’inconfort divisait. Aujourd’hui, c’est précisément sa force. Le film refuse de simplifier son univers pour plaire à tout le monde, garde une identité très nette et affiche un style visuel qu’on peine encore à rapprocher d’un autre grand film du genre. Et ça compte, quand même.
Grandir, oublier, revenir
Hook a, lui aussi, payé le poids des noms associés au projet. Un film de Steven Spielberg, avec Robin Williams, autour de Peter Pan, ça crée des attentes énormes. Le film prend pourtant un autre chemin, celui d’un Peter devenu adulte, absorbé par le travail, au point d’avoir oublié qui il était.
Certains n’y ont vu qu’un long récit sentimental à l’esthétique XXL, trop occupé à se mesurer au matériau d’origine. D’autres y ont trouvé une histoire très touchante sur le fait de grandir et de perdre le contact avec soi-même. C’est cette lecture qui a tenu.
Même logique pour Willow. Lié à George Lucas, le film a déçu ceux qui voulaient quelque chose de neuf à tout prix. L’histoire de Willow Ufgood, fermier modeste devenu protecteur d’un bébé destiné à renverser une reine maléfique, semblait trop familière. Sauf que le film fonctionne justement parce qu’il exécute très bien les codes du genre, avec des personnages attachants, une vraie sensation d’aventure et une alchimie très solide entre Warwick Davis et Val Kilmer.
Le culte se fabrique aussi avec le temps
Le cas de Hocus Pocus est presque le plus parlant. Aujourd’hui, c’est un rendez-vous d’Halloween. À sa sortie, beaucoup jugeaient le scénario désordonné, peu focalisé, plus attiré par l’accumulation de scènes comiques que par une narration vraiment cohérente.
Mais le film repose ailleurs, sur les sœurs Sanderson, trois sorcières ressuscitées par accident par un adolescent le soir d’Halloween, bien décidées à retrouver leurs pouvoirs avant l’aube. Leur énergie, leur charisme, leur excentricité portent tout. Les jeunes générations l’ont vu avant les autres. Et au fond, c’est souvent comme ça qu’un culte se forme, pas au moment de la sortie, mais quand un public décide qu’un film lui appartient enfin.