En bref
- AMD lance Helios pour les géants de l’IA.
- Microsoft et OpenAI sont déjà dans la boucle.
- Lisa Su parie sur un marché colossal d’ici 2030.
Le vrai match de l’IA se joue aussi dans les baies de serveurs. Et là, AMD vient de poser une pièce sérieuse avec Helios, un système rack pensé pour les centres de données qui entraînent et font tourner les modèles les plus gourmands. Lors de sa conférence Advancing AI à San Francisco, complète, Lisa Su, présidente et CEO d’AMD, a présenté Helios comme la future grosse livraison maison pour cette fin d’année. Le message est limpide, AMD ne veut plus regarder Nvidia régner seul sur ce marché. Et ce n’est pas juste une démo de scène.
La guerre des racks passe au niveau supérieur
Un système rack, en gros, c’est l’artillerie lourde du data center. On assemble beaucoup de processeurs dans une seule unité pour encaisser l’entraînement et l’inférence de modèles IA, ainsi que d’autres charges de calcul massif. Lisa Su a décrit Helios comme « le rack d’IA le plus performant de l’industrie », en ajoutant qu’il avait été conçu pour « entraîner et exécuter les modèles de frontière les plus exigeants au monde, à très grande échelle ».
AMD affirme aussi que le système sera déployé par de grands acteurs de l’IA à l’échelle du gigawatt. Clairement, on parle du haut du panier.Face à lui, il y a les systèmes rack Vera Rubin et Grace Blackwell d’Nvidia, qui tiennent historiquement le terrain. Mais selon des mesures relayées par The Register, Helios ferait mieux que Vera Rubin sur plusieurs indicateurs. Résultat, la menace devient crédible.
Des clients qui changent tout
Le plus parlant, ce sont les noms déjà alignés. Helios, révélé une première fois en 2025 puis montré sur scène au CES 2026 en janvier, a déjà attiré Microsoft, Meta, Oracle, Anthropic et OpenAI, tous avec des plans de déploiement.
Côté Microsoft, Satya Nadella a indiqué lundi que le groupe allait étendre son infrastructure Azure avec Helios. Et mercredi, Anthropic et AMD ont annoncé un partenariat stratégique pour déployer jusqu’à deux gigawatts de GPU via ce nouveau système rack. Là, on ne parle plus d’intentions vagues.
AMD ne vend pas qu’un rack
Au passage, AMD a aussi dévoilé le Venice-X, un CPU destiné aux data centers et aux charges de calcul intensives. Son lancement est attendu en 2027.
Ce n’est pas le genre d’annonce qui fait le plus de bruit, mais elle compte quand même. AMD essaie de muscler toute sa pile matérielle pour les infrastructures IA, pas juste un produit vitrine.
Pourquoi Lisa Su voit un marché gigantesque ?
Pour Lisa Su, cette accélération vient d’une demande de calcul qui change de dimension, surtout avec l’IA agentique. Elle explique qu’un agent ne fait pas une seule action, il enchaîne des dizaines d’étapes, raisonne, appelle des outils, accède à des données et recommence jusqu’à résoudre le problème. Donc, il faut beaucoup de GPU.
Sa projection est énorme, environ 1,4 trillion de dollars pour le marché des accélérateurs IA en 2030. Elle ajoute que les GPU devraient représenter l’immense majorité de ce marché, parce que les algorithmes sont encore jeunes et que leurs charges évoluent sans cesse. En gros, si AMD voulait choisir un moment pour taper à la porte de Nvidia, c’était maintenant.