En bref
- Tesla augmente son chiffre d’affaires, mais voit ses bénéfices et son cash-flow se dégrader.
- Le lancement massif du Cybercab, du Semi et du Megapack 3 est repoussé.
- L’activité automobile reste le moteur de Tesla malgré les retards dans l’IA et la robotique.
Le plus frappant dans le trimestre de Tesla, ce n’est même pas le retard produit. C’est ce mélange un peu brutal entre des revenus en hausse et une machine financière qui respire moins bien. Le groupe a signé 28,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, contre 22,5 milliards de dollars un an plus tôt. Mais le cash-flow libre est tombé à environ -1 milliard de dollars. Ça pique.
Les revenus montent, pas la respiration
Sur le papier, Tesla n’est pas à l’arrêt. Le bénéfice net atteint 1,1 milliard de dollars, mais il recule de 5% sur un an. Et les dépenses d’exploitation, elles, ont gonflé de 47% à 4,3 milliards de dollars.
Même logique pour le résultat opérationnel, tombé à 398 millions de dollars, contre 932 millions de dollars un an plus tôt. Bref, l’entreprise vend plus, mais la facture de sa transformation commence à se voir très clairement.
Cybercab, Semi, Megapack 3, le calendrier recule
C’est là que le signal devient vraiment important. Tesla ne prévoit plus d’atteindre une production de masse en 2026 pour trois produits récents, le Cybercab, le Tesla Semi et le Megapack 3.
Et ce n’est pas tout. La mention qui promettait une production de masse pour Optimus a aussi disparu. Pourtant, en janvier encore, le groupe visait cette montée en puissance dès cette année pour le Cybercab, le Semi et le Megapack 3. Le recul est net, pas cosmétique.
Le nerf de la guerre, ce sont les batteries
Tesla explique vouloir augmenter sa production de batteries, en particulier autour de sa cellule 4680, pour lancer le Cybercab et le Semi à grande échelle. Pour le Megapack 3, aucun motif précis n’a été donné. Même flou autour d’Optimus.
Le Cybercab a bien commencé sa production initiale plus tôt cette année à Austin, au Texas. Mais les lignes de fabrication du Semi et d’Optimus sont encore en cours de déploiement. Résultat, la promesse industrielle patine.
La vieille machine Tesla tient encore la baraque
Ce qui sauve le trimestre, c’est encore le cœur historique. L’activité auto a généré 20,5 milliards de dollars, contre environ 16,6 milliards de dollars un an plus tôt. Tesla a livré plus de 480.000 véhicules, soit plus de 120.000 de mieux que le trimestre précédent, avec des records dans plusieurs marchés hors États-Unis, comme le Japon, la Corée du Sud ou l’Australie.
L’énergie suit aussi, avec 3,1 milliards de dollars, en hausse de 13%. Et les abonnements à Full Self-Driving (Supervised) grimpent à 1,48 million, soit +56% sur un an. Mais Elon Musk maintient sa bascule vers l’IA et la robotique, avec des dépenses d’investissement attendues à 25 milliards de dollars en 2026. L’ambition reste énorme. Le calendrier, lui, vient de rappeler qui commande.