En bref
- Bluesky transforme son assistant IA Attie en outil de recherche sociale capable d’analyser les tendances et les communautés du réseau.
- Avec la fonction Quests, Attie veut aider les utilisateurs à comprendre l’écosystème ouvert d’Atmosphere et à filtrer le bruit en ligne.
- Ce virage stratégique doit aider Bluesky à relancer sa croissance et trouver de nouvelles sources de revenus.
La nouveauté arrive à un moment assez clair pour Bluesky : la croissance a ralenti, et le réseau cherche autre chose qu’un simple effet de mode. Son assistant IA Attie prend donc une autre dimension, avec un vrai virage vers la recherche sociale. Et ça, pour le coup, raconte plus de choses qu’une feature de plus.
Une nouveauté qui dépasse le simple feed perso
Lancé en mars 2026, Attie permettait déjà de fabriquer ses propres algorithmes et des flux personnalisés sans coder. À terme, Bluesky imagine même qu’il puisse aider à bricoler ses propres apps en mode vibe coding.
Avec Quests, l’outil élargit le terrain. Vous pouvez désormais lui poser des questions ouvertes pour comprendre ce qui circule sur cette partie du web social ouvert, surnommée Atmosphere. Pas seulement sur Bluesky, d’ailleurs, mais aussi dans les apps qui s’appuient sur l’AT Protocol.
Concrètement, Bluesky explique qu’Attie peut remonter des sujets qui montent, ou aider à repérer les comptes les plus influents dans un domaine précis ou une zone donnée. En gros, on passe d’un assistant qui façonne votre timeline à un outil qui aide à lire le réseau lui-même.
Bluesky veut transformer le bruit en signal
C’est Jay Graber, aujourd’hui directrice de l’innovation chez Bluesky, qui a posé l’ambition du produit. Elle estime qu’Attie doit aider à comprendre internet, et donner aux utilisateurs les moyens de se repérer eux-mêmes face à la désinformation et au bruit.
Elle résume le pari ainsi : « Notre pari est que les outils qui aident les gens à comprendre le monde seront plus utiles que ceux qui le remplissent de confusion ». Et elle ajoute qu’Attie doit aussi réduire la barrière technique autour de l’AT Protocol, pour mettre les outils de personnalisation entre les mains de tous ceux qui en veulent.
Au passage, Jay Graber précise qu’Attie est en cours de refonte, avec des fonctions d’accessibilité, un nouveau logo et d’autres changements dans les prochains mois. Pour l’instant, cette nouvelle version reste en bêta, avec des invitations envoyées progressivement depuis une liste d’attente.
Derrière Attie, la question très simple de l’argent
Depuis octobre dernier, Bluesky n’avance plus au même rythme. Le réseau avait doublé en un an pour atteindre 40 millions d’utilisateurs, et il affiche maintenant environ 45,6 millions de comptes enregistrés. Pas mal, mais la courbe s’est calmée.
Du coup, Bluesky teste des outils capables d’élargir sa base et, surtout, de monétiser un peu mieux l’ensemble. Attie reste gratuit pour le moment, mais l’idée de le faire payer a déjà été envisagée. La boîte doit composer avec une communauté souvent méfiante envers l’IA, pour des raisons économiques, politiques ou environnementales.
Et il y a un nerf de la guerre très concret. En mars, Bluesky a annoncé avoir levé 100 millions de dollars dans un tour bouclé en 2026. De quoi tenter des paris comme Attie, mais aussi d’autres pistes, entre abonnement premium et outils pour utilisateurs avancés. Depuis mars, le poste de CEO a d’ailleurs changé de main : Jay Graber a quitté ce rôle, repris par Toni Schneider, ancien CEO fondateur d’Automattic. Bref, Attie n’est pas juste un gadget, c’est un test grandeur nature.