En bref
- Harley Quinn devient la fille du Joker
- Le numéro 22 remixe son origine classique
- Ce twist éclaire aussi le parcours de Batman
Le nouveau choc d’Absolute Batman, c’est celui-là: dans le numéro 22, Harley Quinn n’est plus l’amoureuse du Joker, elle serait sa fille. Et oui, ça change immédiatement la couleur de toute leur histoire.
Ce choix, signé Scott Snyder et Nick Dragotta, pousse encore plus loin la logique de cette version alternative de Batman. On s’attendait à une réinterprétation musclée. On se retrouve avec un twist familial franchement dérangeant, surtout quand il commence à rejouer, en écho tordu, les codes habituels du duo Harley et Joker.
Un lien recodé de façon beaucoup plus malsaine
Dans The Crooked House, dessiné par Werther Dell’Edera, le récit alterne passé et présent pendant qu’Harley raconte son histoire à Bruce. Elle a grandi avec une mère célibataire, neurologue, passée par J.
K. Holdings, l’entreprise du Joker, avant de vouloir la faire tomber.
Le détail qui fait basculer l’épisode arrive ensuite. Harley n’avait jamais rencontré son père, seulement échangé avec lui à distance durant son adolescence. Le jour où il devait enfin venir, elle découvre que sa mère a été happée par le Joker, forcée d’utiliser ses compétences chirurgicales pour fabriquer des monstres dans la base Ark M. Puis elle tombe sur son père. C’est Jack Grimm, le Joker lui-même.
Le plus malin, et le plus glauque quand même, c’est la façon dont cette version détourne Mad Love, l’origine culte imaginée par Paul Dini et Bruce Timm. Là où la Harley classique tombait sous l’emprise du Joker, cette série transfère ce schéma à sa mère. Grimm l’appelle même « Pudding », le surnom qu’on associe d’ordinaire à Harley.
La Harley d’Absolute n’a rien de la version attendue
Ce twist ne tombe pas de nulle part. Depuis le numéro 13, cette Harley Quinn a déjà été reconstruite autrement: elle dirige le Red Hood Gang, un groupe anarchiste allié à Batman.
Dans le numéro 14, Harley et les Red Hoods aident Batman à vaincre Bane. Et dans l’arc actuel, elle se retrouve même aux côtés d’Alfred Pennyworth pour servir de soutien technique. En gros, cette version du personnage s’était déjà émancipée du duo toxique qu’on connaît depuis des décennies, de Batman: The Animated Series à Birds of Prey en passant par sa série animée.
Pourquoi ce twist pèse aussi sur Bruce Wayne
Le plus intéressant, peut-être, est ailleurs. Si Harley raconte tout cela à Bruce, ce n’est pas juste pour vider son sac. Batman vient d’apprendre que le Joker et l’Épouvantail ont peut-être manipulé toute sa vie, depuis le meurtre de son père jusqu’à sa décision de devenir Batman.
Du coup, la trajectoire d’Harley sert presque de contrepoint. Dans les flashbacks, elle refuse de croire que Grimm puisse être son père, s’enfuit de chez ses parents et cela explique sans doute sa vie dans la rue avec les Red Hoods. Dans le présent, elle semble avoir tranché: vrai ou faux, ça ne la définira pas.
La dernière scène insiste là-dessus. Rejetée par Batman, elle se répète « Même si c’est vrai, même si ce n’est pas vrai… ». Le non-dit est limpide. Le Joker veut transformer une vie en mauvaise blague, Harley refuse d’en être la victime. Et pour Bruce, c’est peut-être le vrai sujet de cette série: pas l’origine, mais ce qu’on décide d’en faire.