En bref
- Batman rencontre enfin Jack Grimm en face-à-face
- La scène confirme leur rivalité centrale
- Le Joker d’Absolute incarne surtout l’argent
Le pari de Scott Snyder devient plus clair avec Absolute Batman numéro 21. Ici, le Joker n’est pas seulement un agent du chaos. Il est aussi la figure d’un pouvoir économique qui tient la ville, et presque la vie de Bruce Wayne, entre ses doigts.
Un Joker pensé comme le contraire exact de Bruce
Dès le premier numéro, la série avait posé son renversement. Bruce existe sans manoir, sans fortune, sans majordome. En face, le Joker de cet univers, Jack Grimm, se révèle comme l’un des hommes les plus riches du monde, un immortel passé sous plusieurs identités, de Grimm I à Grimm V.
Ce contraste n’est pas un gadget. C’est le moteur de la série. Là où beaucoup de versions du personnage opposent l’ordre au chaos, celle-ci oppose aussi la volonté à l’argent. Et ça change pas mal de choses dans la façon de lire leur duel.
Vingt et un numéros pour quatre pages
La rencontre arrive tard, mais ce n’est pas un retard. C’est une construction. Pendant vingt numéros, Batman affronte surtout l’ombre de Grimm, ses intermédiaires, ses créatures et ses plans.
On a vu les Party Animals ravager Gotham, puis Bruce survivre pendant des mois dans l’horreur d’Ark M. Il y a eu aussi Bane, qui a mutilé ses proches et a failli le tuer. Plus récemment, Scarecrow a poussé Jim Gordon à la mort en faisant porter le chapeau à Batman, avant que l’escouade de Robin liée à Grimm soit chargée de traquer le justicier.
Résultat, quand Bruce croise enfin Jack Grimm, la scène n’a pas besoin d’être longue pour peser lourd.
Une scène simple, mais très révélatrice
Après une nuit de combat contre les Robins, Bruce retourne à son travail d’ingénieur. Sur le bord d’un gratte-ciel en construction, un investisseur vient lui parler. Cet investisseur, c’est Grimm.
L’échange dure quatre pages. Bruce lance qu’il sait ce qu’il est, puis qu’il n’a pas peur. Grimm, lui, garde la main du début à la fin. Le dessin de Nick Dragotta et les couleurs de Frank Martin glissent d’ailleurs des indices très nets dans son apparence de businessman, peau trop pâle, reflets verts et violets, avant la bascule vers un visage monstrueux et un très vieux gag, « Bouh ! ».
Bruce manque alors de tomber dans le vide. Le plus intéressant arrive juste après, quand le Joker le rattrape. Il lui explique, en substance, que personne ne mettra fin à Batman à sa place. Puis il réaffirme être celui qui l’a créé, et qu’il ne veut plus imaginer sa vie sans lui. Bref, la relation d’archi-ennemis est désormais fixée.
L’ombre de Nolan, avec les rôles inversés
La scène rappelle clairement The Dark Knight de Christopher Nolan. Même décor de gratte-ciel inachevé, même idée d’une rivalité appelée à durer. Sauf qu’ici, les rôles s’inversent. Ce n’est pas Batman qui sauve le Joker, c’est le Joker qui sauve Batman.
Et ce renversement résume bien la version Absolute. Dans cette continuité, le Joker tient les cartes parce qu’il tient le capital. Le numéro 5 montrait déjà Batman brûlant de l’argent pour allumer un signal dans le ciel, écho inversé au film de Nolan. Le one-shot Absolute Evil insistait encore sur l’idée, avec un Grimm obsédé par l’inégalité naturelle du monde et fasciné par une chose chez Bruce : il ne peut pas être acheté.
Les numéros 1 à 21 de Absolute Batman sont disponibles. Et la vraie question, maintenant, n’est plus de savoir quand le duel commence. Il a commencé.