En bref
- Wolverine perd en puissance et en style
- La série pioche dans une ère comics mal aimée
- Une idée sur ses griffes sauve l’ensemble
Le problème de la saison 2 de X-Men ’97, il est presque structurel. En faisant survivre Wolverine à l’attaque de Magneto, qui lui a arraché l’adamantium du squelette, la série s’oblige à traverser une période des comics franchement bancale.
La saison 2 hérite d’un passage compliqué des comics
On pouvait s’attendre à un Logan affaibli. C’était inévitable, même. La saison 1 l’avait laissé au bord de la mort après l’assaut du Maître du magnétisme. Mais le vrai souci est ailleurs, dans ce que cette blessure raconte ensuite.
Dans les comics, la perte de l’adamantium a ouvert la porte à la fameuse mutation sauvage de Wolverine. Et là, ça se gâte. Le personnage glisse vers quelque chose de plus animal, plus instable, avec un look que pas mal de lecteurs n’ont jamais vraiment défendu, jusqu’à ce nez qui disparaît. Résultat, la saison 2 doit composer avec l’un des héritages les moins inspirés de l’histoire des X-Men.
Un nouveau costume entre uniforme d’équipe et mauvais souvenirs
Cette fois, X-Men ’97 disperse les mutants à travers la chronologie, et Wolverine se retrouve, avec certains alliés, dans un futur lointain. Son nouveau costume part d’une base connue, l’uniforme d’entraînement jaune et bleu vu dans les comics, que Logan n’avait porté que tardivement, vers la fin de l’ère Claremont, notamment lors d’une mission dans l’espace Shi’ar.
L’idée d’origine, c’était l’uniformité de groupe. La série, elle, garde cette base mais ajoute du relief à chaque personnage. Chez Wolverine, on repère tout de suite le masque bleu et surtout les cheveux exagérément indisciplinés, un clin d’œil direct à son époque la plus feral. Dans les comics, cette chevelure traduisait un facteur auto-guérisseur devenu incontrôlable, jusque dans la pousse des poils. Le reste du design pioche aussi du côté de Age of Apocalypse, avec des épaulières très marquées et quelques ajouts jaunes plus futuristes.
Bon, ce look reste meilleur que la version comics de cette période. Mais il est aussi nettement moins fort que les costumes de la saison 1. Et ça se voit.
Le pire est peut-être évité, et c’est déjà beaucoup
Le bon signe, c’est que X-Men ’97 semble hésiter à aller jusqu’au bout de cette transformation. Dans les comics publiés chez Marvel, la phase feral avait fini par partir dans tous les sens, sur fond de chaos éditorial, de changements de cap permanents et d’interprétations contradictoires d’un auteur à l’autre. À un moment, Wolverine réveillait même Cyclops en lui léchant le visage. Oui, vraiment.
La série garde quelques rappels de cette époque, sans plonger tête baissée dans la version sans nez du personnage. Et c’est sans doute la meilleure décision possible.
Surtout qu’elle trouve au passage une idée bien plus maligne. Quand Wolverine attaque les soldats cybernétiques d’Apocalypse, il frappe d’instinct avec ses griffes, sauf que ce sont désormais des griffes en os. Elles cassent à l’impact, parce que l’os n’a évidemment pas la résistance de l’adamantium. La douleur le fait hurler, le pousse vers une rage presque berserker, puis les griffes repoussent. Ce détail, très physique, très cruel aussi, raconte mieux son déclassement que n’importe quel costume. Et à moyen terme, c’est peut-être là que la saison 2 tient sa vraie bonne idée.