Vapotage : les campagnes publicitaires de Philip Morris condamnées

Image d'illustration. Cigarette électroniqueADN
Des campagnes vantant des saveurs gourmandes de cigarettes électroniques ont valu à Philip Morris une lourde condamnation pour publicité illicite.
Tl;dr
- Philip Morris France et son président Xavier Puech ont été condamnés pour publicité illicite autour du tabac chauffé et du vapotage.
- Les juges ont estimé que les campagnes autour d’IQOS, Heets et des saveurs de cigarette électronique contournaient l’interdiction de promotion du tabac.
- La justice a infligé de lourdes amendes et envoyé un signal fort contre les stratégies marketing des industriels du secteur.
La justice ferme la porte aux contournements marketing
Au printemps 2025, une série de publications en ligne a valu à la société Philip Morris France une condamnation retentissante par le tribunal correctionnel de Paris. Le géant du tabac, ainsi que son président Xavier Puech, ont été reconnus coupables de « publicité illicite en faveur du tabac chauffé et du vapotage », après des plaintes déposées par l’association Demain sera Non-Fumeur (DNF). En toile de fond, le débat français persistant autour de la législation anti-tabac vient ainsi d’être relancé.
IQOS et Heets : au cœur des infractions relevées
Les faits reprochés concernent principalement des contenus diffusés sur plusieurs sites Internet dédiés aux produits-phares du groupe, comme le dispositif IQOS, associé à ses recharges vendues sous la marque Heets. Selon le tribunal, l’un de ces sites « tend à faire la publicité du dispositif IQOS », pourtant strictement réglementé, puisque « l’utilisation est indissociable des recharges de tabac à chauffer commercialisées sous la marque Heets ». De multiples mentions visaient ainsi à mettre en avant tant la « qualité que la sécurité du dispositif IQOS, sous couvert d’une prétendue réduction des risques liés à la consommation du tabac ». Autant d’éléments jugés contraires à l’interdiction absolue qui pèse sur « toute propagande ou publicité directe ou indirecte pour les produits du tabac. »
Un marketing pointé du doigt
Concernant la cigarette électronique, un autre site créé par Philip Morris France a également été sanctionné. D’après la décision rendue, ce dernier mettait nettement en avant « des saveurs alimentaires sucrées et fruitées banalisant ainsi le vapotage » auprès d’un « public large », ce qui avait pour finalité « d’inciter les consommateurs à acheter ces produits. »
Voici ce que retient concrètement le tribunal :
- Mise en valeur publicitaire d’IQOS et Heets malgré l’interdiction.
- Pousser à l’achat via l’attrait des saveurs dans le vapotage.
Une condamnation au signal fort pour tout le secteur
Le jugement précise aussi que Xavier Puech, président de l’entreprise, ne pouvait ignorer ni s’abstenir : il « a nécessairement approuvé la stratégie publicitaire mise en œuvre par l’entreprise, et est donc personnellement responsable des infractions commises ». Résultat : une amende record de 500.000 euros infligée à l’entreprise elle-même et 50.000 euros supplémentaires au président. Tous deux devront aussi verser solidairement 50.000 euros à DNF, ainsi que 5000 euros pour couvrir les frais de justice.
Par cette décision, la justice réaffirme sa volonté d’appliquer strictement les règles encadrant toute promotion directe ou indirecte du tabac, alors même que les industriels tentent encore aujourd’hui d’explorer les limites réglementaires avec leurs nouveaux produits.