En bref
- Universal obtient 10 jeux d’Atari
- Pong fait partie du lot
- Le pari intrigue plus qu’il rassure
Vouloir adapter Pong au cinéma, il fallait quand même oser. Alors que les studios misent d’habitude sur des jeux déjà massifs, Universal Pictures vient chercher l’un des symboles les plus minimalistes de toute l’histoire du médium.
Un accord qui pioche dans le musée du jeu vidéo
Le 23 juillet, il a été révélé qu’Entertainment 360 et Atari ont signé un accord avec Universal Pictures. Le studio récupère ainsi les droits pour développer des films à partir de 10 jeux classiques d’Atari.
Le contexte compte. Les adaptations de jeux vidéo sortent d’une très bonne passe, avec le gros parcours au box-office de A Minecraft Movie, malgré la séquence très commentée autour de Chicken Jockey. Et Super Mario Galaxy est même devenu le premier film à passer le milliard de dollars de recettes en 2026, soit environ 860 millions d’euros (1 milliard de dollars). Forcément, les studios veulent leur part. Mais là, le mouvement est un peu différent, parce qu’on ne parle pas de licences du moment.
Dix licences, mais pas dix évidences
L’idée d’Universal, d’après ce qui a été rapporté, est d’utiliser ces propriétés pour fabriquer de grands films d’action-aventure. Sur le papier, certains noms collent assez bien à cette promesse. D’autres, beaucoup moins.
Le catalogue comprend Adventure, Berzerk, Yars Revenge, Asteroids, Missile Command, Centipede, Breakout, Crystal Castles, Millipede et Pong. Pour un titre comme Asteroids, on voit vite la trajectoire possible, avec une grande aventure spatiale nourrie par l’imaginaire des premiers combats en pixels. Pour Pong, bon, c’est une autre histoire.
Pong, monument culturel, casse-tête narratif
Sorti en 1972, Pong n’était pas le tout premier jeu vidéo. En revanche, il est largement considéré comme le premier grand succès commercial du secteur, ce qui lui a donné une place à part dans la mémoire collective. Il a existé en borne d’arcade, en version domestique, puis sur d’autres plateformes au fil du temps. Son influence est telle qu’il est même entré au Smithsonian.
Mais l’importance historique ne règle pas tout. Le jeu, c’est deux lignes qui renvoient un point d’un côté à l’autre de l’écran. Pas exactement une base évidente pour un blockbuster. Résultat ? L’annonce prête presque à sourire.
Ce que ce choix raconte de l’industrie
Et pourtant, il y a un angle. Un film sur la fabrication de Pong et sur son ascension culturelle aurait du sens. Une variation autour du tennis, aussi, à la rigueur. Ce qui paraît moins naturel, c’est l’emballage grand spectacle promis pour l’ensemble.
Pour l’instant, on sait seulement qu’Universal et Atari ont ouvert la porte à ces 10 adaptations. On ignore si chaque jeu aura droit à son propre film ou si le studio ira vers quelque chose de plus global autour de l’histoire d’Atari. Et c’est là que le sujet devient intéressant, clairement. Après avoir adapté les jeux les plus populaires, Hollywood commence à tester une autre piste, transformer le patrimoine du jeu vidéo en matière première. Avec plus de liberté, mais aussi beaucoup plus de risque.