En bref
- Digger rate lourdement son lancement
- Cruise pourrait revenir aux franchises
- Marvel a une fenêtre avec Secret Wars
Pendant des années, Tom Cruise a tenu son image de star capable de vendre presque n’importe quoi. Là, le retour au cinéma plus risqué lui explose au visage. Et ça change pas mal de choses.
Le pari d’auteur qui tourne mal
Avec Digger, Cruise sortait du confort des grandes sagas. Le film de Alejandro González Iñárritu le place en magnat du pétrole, dont les forages déclenchent une crise écologique. Sur le papier, on voyait bien l’idée, un projet plus rugueux, moins calibré, presque pensé pour rappeler que l’acteur peut encore aller ailleurs que dans le pur spectacle.
Le problème, c’est l’atterrissage. Produit pour environ 115 à 166 millions d’euros (125 à 180 millions de dollars), Digger n’a rapporté qu’environ 7 millions d’euros (8 millions de dollars) sur son premier week-end. Résultat ? Le film file vers un flop massif, possiblement l’un des plus gros accidents industriels de l’histoire du box-office. D’autant que l’accueil critique reste très partagé.
Une star qui vivait surtout de ses suites
Ce revers pèse encore plus lourd quand on regarde le parcours récent de Cruise. Depuis Edge of Tomorrow en 2014, sa carrière s’est surtout appuyée sur des suites, quatre épisodes supplémentaires de Mission: Impossible, puis des retours à Jack Reacher et Top Gun. Son seul vrai détour hors franchise sur la période, American Made en 2017, s’en est correctement sorti. À l’inverse, The Mummy avait déjà tourné au désastre pour le Dark Universe d’Universal.
Du coup, Digger devait servir de mue. Un film plus proche de ce que Cruise faisait dans Magnolia ou Eyes Wide Shut, tous deux sortis en 1999, qu’un simple véhicule de franchise. Il avait bien reçu un Oscar honorifique en 2025, mais l’objectif semblait aussi être une quatrième nomination comme acteur. Avec un démarrage pareil et des critiques divisées, cette piste s’éloigne franchement.
Marvel retrouve une vieille ouverture
C’est là que Marvel revient dans la conversation. Pas par magie, mais parce que le studio offre précisément ce que Cruise pourrait rechercher après un tel échec, un terrain connu, une exposition géante, et un rôle chargé d’histoire. Le contexte aide aussi, avec le bon accueil de Spider-Man: Brand New Day et l’attente autour de Avengers: Doomsday.
Surtout, il y a Tony Stark. Cruise avait été lié à Iron Man en 1998 avant de finalement refuser. Depuis, l’idée d’une version alternative du héros, longtemps incarné par Robert Downey Jr., n’a jamais vraiment disparu. Le multivers a même relancé les fantasmes, au point qu’une apparition en Superior Iron Man dans Doctor Strange and the Multiverse of Madness a circulé avant de ne jamais se concrétiser.
Mais avec Avengers: Secret Wars, la fenêtre semble plus naturelle. Le film peut justement accueillir des variantes venues d’autres univers. Et si John Krasinski a bien eu droit à sa version de Reed Richards, voir Cruise enfiler l’armure pour un caméo ou davantage n’aurait rien d’absurde. Ce qui se joue ici, ce n’est pas juste un casting sympa. C’est une question de trajectoire, comment une star vieillissante recycle son mythe dans une industrie qui adore boucler les boucles.