En bref
- Tom Cruise ouvre faiblement avec Digger
- Critiques sévères, public beaucoup plus nuancé
- Lions for Lambs reste un pire précédent
Le plus délicat pour Tom Cruise commence après Mission: Impossible. Et ce premier virage ne ressemble pas franchement à une relance: Digger n’a rapporté qu’environ 7 millions d’euros (8 M$) pour son démarrage, un score présenté comme son plus faible lancement au box-office depuis près de vingt ans.
Le timing compte, quand même. Une fois la franchise officiellement terminée, chaque nouveau film devient un test de traction, pas seulement un week-end de plus dans les tableaux du box-office.
Le premier test après Mission tourne court
Sur le papier, Digger a de quoi intriguer. Tom Cruise y joue Digger Rockwell, magnat du pétrole occupé à maintenir en vie son très vieux chat tout en essayant de sauver le monde d’une catastrophe qu’il a lui-même provoquée. Dit comme ça, on voit l’idée: de la satire, de l’excès, un personnage larger than life. Encore faut-il que le public se déplace massivement. Là, ce n’est pas le cas.
Ce démarrage pèse d’autant plus qu’il arrive au moment où l’acteur entre, de fait, dans une nouvelle phase de carrière. Pas de quoi réécrire toute sa filmographie, mais un signal, oui.
Un film attaqué de front, mais pas rejeté par tout le monde
La critique n’a pas été tendre. Digger affiche un C- au CinemaScore et seulement 51% chez les critiques sur Rotten Tomatoes. Le film est notamment attaqué pour son message jugé bruyant, appuyé, presque asséné.
Mais le public ne suit pas complètement ce procès. Des spectateurs disent au contraire goûter sa dimension satirique, son absurdité assumée et ses débordements. En gros, le film divise, mais il ne laisse pas indifférent. Et dans un paysage culturel souvent lisse, ce n’est pas rien.
Pourquoi Lions for Lambs reste un pire souvenir
Si Digger cale, il n’entre pas seul dans le rayon des faux pas de Cruise. Vanilla Sky avait même obtenu un CinemaScore encore plus bas. Et surtout, il y a Lions for Lambs, sorti en 2007.
Ce drame politique suivait deux jeunes hommes, joués par Michael Peña et Derek Luke, poussés par leur professeur idéaliste, le docteur Mallery incarné par Robert Redford, à s’engager avant un déploiement en Afghanistan. En parallèle, ce même professeur tentait d’atteindre un étudiant en difficulté, pendant qu’à Washington, un ambitieux candidat à la présidence, joué par Tom Cruise, préparait une grande confidence à une journaliste interprétée par Meryl Streep.
Même avec les débuts d’Andrew Garfield au cinéma et un casting pareil, ça n’a pas pris. Mike Massie jugeait que « le jeu solide et des personnages finement écrits ne suffisent pas à masquer la vision très orientée de l’actualité par Redford, qui frôle dangereusement le film de recrutement pour l’armée ». Tony Medley, lui, disait ne pas comprendre pourquoi Robert Redford et le scénariste Matthew Carnahan avaient pensé que cela fonctionnerait au cinéma.
Le cas Digger raconte surtout l’après-franchise
Ce que raconte Digger, au fond, c’est moins un accident isolé qu’un moment de transition. Le film se fait étriller par une partie de la critique, mais il trouve quand même des défenseurs chez les spectateurs. Pas mal de films mal partis disparaissent vite. D’autres restent parce qu’ils provoquent quelque chose.
Pour Tom Cruise, la question n’est donc pas seulement celle du score d’ouverture. C’est celle de ce que le public attend de lui maintenant qu’il n’a plus Mission: Impossible comme colonne vertébrale.