Sur Netflix, cette mini-série true crime évite enfin le piège

The WitnessNetflix / PR-ADN
Netflix lance The Witness, une mini-série en trois parties sur le meurtre de Rachel Nickell. Son approche recentrée sur les victimes change la donne.
En bref
- Netflix sort The Witness en trois épisodes
- La série raconte l’affaire Rachel Nickell
- Accueil critique très fort, démarrage mondial rapide
Le true crime est dans une zone de turbulence, et c’est précisément pour ça que Netflix attire l’œil avec The Witness. On sort d’une période où le genre a souvent donné l’impression de transformer la douleur réelle en spectacle. En 2025, ce reproche a pris de l’ampleur, au point que la série Ed Gein de Ryan Murphy a été vivement attaquée, y compris par le réalisateur de Longlegs, Oz Perkins, qui expliquait vouloir l’éviter parce que « la netflixisation de la vraie douleur joue pour la mauvaise équipe ».
Le true crime sous pression, puis un contre-exemple
Ici, le contraste est net. La mini-série et le documentaire qui l’accompagne, The Murder of Rachel Nickell, ont été conçus avec le soutien total d’Alex Hanscombe et de son père André Hanscombe. C’est la différence qui compte, parce que le récit ne tourne pas autour du frisson de l’affaire, mais de ceux qui l’ont portée ensuite.
Interrogé par Tudum, Alex rappelait qu’il avait déjà donné des interviews, et que d’autres programmes avaient été réalisés avec de bonnes intentions, mais qu’ils ne faisaient au fond que « gratter la surface ». Cette fois, l’ambition affichée est plus ample.
Une affaire britannique racontée depuis ceux qui l’ont subie
La série en trois parties revient sur le meurtre de Rachel Nickell, poignardée en 1992 à Wimbledon Common. Son fils Alex n’avait alors que deux ans. Et il était le seul témoin du meurtre de sa mère.
Le plus troublant, ce n’est pas seulement l’horreur initiale. The Witness montre aussi ce qui a suivi, l’emballement médiatique autour de l’affaire, puis une enquête policière de plus en plus chaotique. Résultat, André et Alex ont dû affronter une seconde violence, moins visible, mais parfois presque aussi destructrice.
Des critiques solides et un vrai démarrage mondial
La réception suit pour l’instant. Mise en ligne le 5 juin 2026, la série a directement atteint la deuxième place des contenus les plus regardés sur Netflix dans 47 pays, d’après FlixPatrol. C’est beaucoup, surtout pour une production aussi sombre.
Côté critiques, Rotten Tomatoes lui attribue pour le moment 100%, même si la note repose seulement sur cinq avis et peut encore bouger. Mais les premiers retours vont dans le même sens. Chris Bennion, du Daily Telegraph, a notamment salué Jordan Bolger pour une « performance phénoménale qui révèle une star ».
Et ce qui ressort, clairement, c’est la tenue de l’ensemble. Le jeu d’acteur est loué, la sensibilité envers l’expérience des proches aussi, et l’intégration de vrais reportages télé renforce l’impression d’un récit qui cherche moins à exploiter une affaire qu’à regarder ce qu’elle a dit d’une société. Pour le genre, c’est loin d’être un détail.