En bref
- Kor revient en live-action dans Strange New Worlds
- Le personnage renvoie au tout premier ennemi klingon
- Son design relance un vieux problème de canon
Le vrai événement, ici, n’est pas seulement un caméo. C’est le retour de Kor, celui qui ouvrait la porte aux Klingons dès la série originale de Star Trek. Dans « An Errand of Mercy », incarné par John Colicos, il était le premier grand adversaire klingon montré à l’écran, celui qui installait cette rivalité avec la Fédération comme une allégorie de guerre froide.
Le retour d’un visage fondateur
Avec l’épisode 4 de la saison 4 de Strange New Worlds, « A Case of Chiaroscuro », Kor refait surface en territoire klingon. Et ce n’est pas un clin d’œil gratuit. Le personnage reprend presque la même fonction qu’à ses débuts, celle d’un commandant militaire à la tête d’une occupation.
Il y a même une continuité de ton assez fine. Dès la série originale, Kor n’était pas un méchant plat. Il respectait Kirk comme adversaire, avec cette idée très klingonne de l’honneur qui deviendra centrale plus tard. On l’avait donc rangé, un peu vite, dans la case du vilain simple. Pas tout à fait juste.
Un épisode qui rejoue les vieux conflits
Cette fois, l’Enterprise entre en zone klingonne pour récupérer une sonde de la Fédération. Una, Uhura et le docteur M’Benga se retrouvent coincés sur une planète occupée par l’Empire klingon, puis embarqués auprès d’une résistance locale.
L’épisode pousse même le style assez loin, avec une ambiance de thriller hollywoodien ancien et une image en noir et blanc, expliquée dans l’univers par la lumière de l’étoile du système. Et Kor ne se contente pas d’être là. Il soumet aussi Uhura à un scanner mental, un détail qui renvoie directement à ce qu’il menaçait déjà de faire subir à Kirk dans « An Errand of Mercy ».
De la série originale à Deep Space Nine, la trajectoire de Kor
Entre-temps, le personnage a vécu plus qu’une simple réapparition nostalgique. Dans The Animated Series, il revient déjà, mais doublé par James Doohan, la production étant alors avare en comédiens. Puis, bien plus tard, John Colicos reprend enfin le rôle dans Deep Space Nine.
Et là, changement d’échelle. Au XXIVe siècle, la Fédération et les Klingons sont alliés, comme l’annonçaient les Organiens. Kor devient une légende vivante. Deep Space Nine épaissit encore son passé, en le reliant à la famille royale klingonne et à son mépris ancien envers le jeune Martok, futur chancelier.
Pourquoi ce caméo complique encore les Klingons
Mais ce retour pose aussi un problème très concret de continuité. Dans la série originale, les Klingons ressemblaient presque à des humains. Plus tard, les films puis The Next Generation leur ont donné les fameuses crêtes frontales.
Deep Space Nine avait préféré en rire. Enterprise, elle, a tenté de rationaliser l’écart avec une peste virale qui rendait les Klingons plus humains au XXIIIe siècle. Sauf que Discovery puis Strange New Worlds ont largement contourné cette explication. Résultat, Kor semble avoir une crête en 2260, ne plus en avoir en 2267, puis la retrouver ensuite. Pas très propre, clairement.
Reste que le choix se comprend. Pour le public actuel, un Klingon a ce visage-là. Et ce détail dit quelque chose de plus large sur Star Trek, qui préfère parfois la lisibilité visuelle à la couture parfaite du canon.