En bref
- Snapchat stoppe les récompenses aux vidéos entièrement générées par IA sur Spotlight pour privilégier les contenus humains.
- L’IA reste autorisée comme outil de création, mais ne doit pas remplacer la créativité des utilisateurs.
- Cette décision s’inscrit dans un mouvement général des plateformes contre les contenus IA de faible qualité.
Le ménage continue contre l’AI slop. Et cette fois, c’est Snapchat qui serre la vis en coupant les récompenses aux vidéos entièrement générées par intelligence artificielle sur Spotlight. Une décision très claire, annoncée vendredi, qui dit surtout une chose, la plateforme en a marre des contenus automatiques sans âme.
Le message est limpide, l’algorithme change de camp
Snapchat va modifier ses systèmes de recommandation pour que seules les vidéos créées par de vraies personnes puissent prétendre aux recommandations sur Spotlight. En gros, une vidéo fabriquée de bout en bout par IA ne sera plus dans la boucle des récompenses.
La plateforme explique vouloir garder Spotlight comme un espace où l’on découvre une créativité authentique, portée par des personnes réelles. Son idée est simple, il y a encore une vraie valeur dans les points de vue originaux, les récits personnels et les moments que les utilisateurs choisissent de créer et partager eux-mêmes. Franchement, difficile de lui donner tort sur ce terrain.
L’IA n’est pas bannie, mais elle passe au second rôle
Il y a quand même une nuance importante. Snapchat ne ferme pas la porte à l’IA.
Les créateurs peuvent toujours utiliser les outils créatifs IA de l’application pour améliorer ou éditer leurs contenus. La ligne est donc assez nette, l’IA peut assister, pas remplacer entièrement la personne derrière la vidéo. Ce virage s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus large chez Snapchat, qui avait déjà indiqué en avril que les utilisateurs verraient moins de contenus générés par IA.
Toute la tech commence à freiner l’IA low cost
Ce qui se passe chez Snapchat n’arrive pas dans le vide. Les critiques contre les contenus IA de mauvaise qualité montent partout, et pas mal de plateformes commencent à retoucher leurs règles, leurs algorithmes ou carrément certaines fonctions.
LinkedIn, par exemple, a lancé un bouton permettant de signaler un post avec la mention « semble être de l’AI slop ». Chez Substack, un outil aide à repérer les newsletters écrites par IA. Plus tôt ce mois-ci, Meta s’est pris une vague de critiques autour d’une fonction Instagram qui permettait de modifier avec l’IA des photos issues de comptes publics, au point de la retirer complètement.
Même son de cloche chez YouTube, qui a durci ses règles de monétisation. Les contenus jugés inauthentiques ne peuvent plus être monétisés, notamment les productions génériques, répétitives ou basées sur des modèles, ainsi que les contenus mettant en scène des personas IA sur des sujets sensibles comme la santé ou la finance. Clairement, la fête du copier-coller automatisé se termine.
Spotlight se durcit aussi pour les plus jeunes
Et Snapchat a aussi bougé sur un autre front le mois dernier, la protection des mineurs.
Les utilisateurs de 13 à 15 ans ne peuvent désormais partager des publications Spotlight qu’avec les personnes qu’ils suivent et qui les suivent en retour. Objectif affiché, limiter les risques de doxxing. Deux annonces différentes, un même cap, reprendre le contrôle de ce qui circule.