En bref
- Pixar n’exclut plus Ratatouille 2
- Disney pousse toujours plus de suites
- La fin du film laisse des pistes
Le plus intéressant, ici, c’est le glissement. Pendant longtemps, Ratatouille 2 ressemblait à une idée rangée au placard. Or à la D23, Pete Docter, directeur créatif de Pixar, s’est montré nettement moins fermé que Brad Bird sur une éventuelle suite.
Pete Docter n’enterre pas l’idée
Interrogé par Omelete, Pete Docter a expliqué qu’on ne savait jamais vraiment ce qui pouvait arriver, et que les équipes cherchaient toujours ce qu’elles pouvaient encore faire avec ces personnages. Il a aussi mis le doigt sur le vrai problème, celui qui bloque souvent les suites chez Pixar quand le premier film boucle parfaitement son trajet.
En gros, les héros ont déjà évolué, changé, atteint leur meilleure version. D’où sa remarque, assez lucide, sur le défi propre à Ratatouille : une fois ce point atteint, il faut trouver où raconter autre chose sans casser ce qui marchait. Pas d’annonce, donc. Mais pas de porte claquée non plus.
Chez Disney, les suites ne sont plus l’exception
Ce changement de ton ne tombe pas du ciel. Depuis le retour de Bob Iger à la tête de Disney, le groupe a remis les franchises et les suites au centre du jeu. Pas uniquement, mais clairement davantage qu’avant.
Et la feuille de route récente le montre assez bien. Toy Story 5, Vaiana 2 et Vice-Versa 2 sont déjà sortis avec succès. Dans le même mouvement, Disney a aussi mis en avant Les Indestructibles 3, Frozen 3, Coco 2, Lilo et Stitch 2 et Zootopie 3. Quand un studio aligne autant de suites, un titre aimé comme Ratatouille redevient mécaniquement plus probable.
Brad Bird disait non, le contexte dit peut-être
Le contraste est là. Brad Bird avait déjà écarté l’idée en disant, en substance, « Non, nous avons raconté cette histoire ». Une position cohérente, d’ailleurs. Ratatouille se suffit très bien à lui-même, et c’est aussi pour ça que le film tient encore aussi bien.
Mais ce raisonnement valait aussi pour d’autres films Pixar. Vice-Versa, Toy Story ou Les Indestructibles semblaient eux aussi avoir bouclé leur arc, avant de revenir avec des suites qui ont trouvé leur public tout en conservant un vrai niveau de qualité. Résultat ? Le non d’hier n’a plus tout à fait le même poids aujourd’hui.
Le film a déjà laissé une porte entrouverte
Et il y a un détail qui compte. La fin de Ratatouille n’est pas une impasse, c’est presque un point de départ. Remy et Linguini dirigent désormais leur propre restaurant, ce qui donne une base très simple pour prolonger l’histoire.
On voit vite ce que ça pourrait produire : faire grandir ce restaurant, affronter un concurrent soudain, ou jouer avec l’arrivée d’un autre animal dans l’équation puisque Remy a déjà ouvert cette brèche. Le monde du film reste riche, vivant, et franchement pas épuisé. Ce n’est pas une confirmation, clairement. Mais à moyen terme, c’est le genre de dossier que Disney risque de regarder de très près.