En bref
- Neil deGrasse Tyson adore Project Hail Mary
- Il salue surtout l’alien non humanoïde
- Pour lui, rigueur scientifique et émerveillement coexistent
L’information est presque plus surprenante que le film lui-même. Neil deGrasse Tyson, connu pour repérer la moindre entorse scientifique à l’écran, a trouvé avec Project Hail Mary une œuvre qu’il valide quasiment sans réserve.
Un quitus rare pour un maniaque de la précision
Quand on connaît le personnage, ce n’est pas anodin. Tyson s’est déjà frotté à Kip Thorne sur Interstellar, le film de Christopher Nolan, avec son goût très assumé pour la correction de copies. Le voir applaudir un blockbuster de science-fiction, et pas malgré sa science mais grâce à elle, change un peu la lecture.
Le contraste est net. Project Hail Mary, devenu un succès au box-office et cité parmi les meilleurs films de SF de 2026, raconte pourtant une histoire de microbe qui mange la lumière, pas franchement le terrain le plus simple pour rester accessible sans simplifier à outrance.
L’alien qui change la donne
Dans un entretien à GQ, Tyson a surtout salué l’attention portée par Andy Weir à la physique, à la chimie et à la biologie. Mais son vrai point d’enthousiasme, c’est Rocky, l’extraterrestre venu de la planète Erid.
Il l’a dit très clairement, Weir casse un vieux réflexe d’Hollywood avec un alien qui n’a rien d’humain. Pas un cousin un peu maquillé. Une créature de type crabe, conçue pour vivre dans une autre atmosphère et qui ne respire pas d’oxygène. Dit comme ça, on voit bien le problème qu’il pointe depuis des années, ces visiteurs de l’espace qui descendent de leur vaisseau comme s’ils arrivaient à Roissy.
Quand la science nourrit l’émerveillement
Le plus intéressant est là. Pour Tyson, suivre la science réelle n’étouffe pas l’imagination, ça l’élargit. Il explique en substance qu’on pense trop peu à toutes les façons dont la vie pourrait exister au-delà de notre propre biologie.
Et c’est probablement le meilleur argument en faveur de Project Hail Mary. Le film ne choisit pas entre le sens du spectacle et la cohérence scientifique. Il essaie de tenir les deux. Franchement, dans la SF grand public, ce n’est pas si courant.
Weir et Tyson, mêmes obsessions mais sans lourdeur
Sur StarTalk, Andy Weir reconnaissait d’ailleurs qu’à chaque tentation de recourir à une physique floue, il se demandait ce qui se passerait si Neil deGrasse Tyson le lisait. Tyson en a profité pour redire tout le respect qu’il avait pour le soin scientifique injecté dans ses récits.
Les deux hommes partagent au fond les mêmes agacements. Weir a lui aussi critiqué Interstellar et a qualifié Black Mirror d’« anti-tech ». Mais il a apporté une nuance utile sur les aliens humanoïdes, souvent liés à des contraintes de temps et de budget. Sur une série comme Star Trek, un peu de prothèses sur le front, le même environnement, et l’affaire avance.
Résultat, pour une fois, ni Tyson ni Weir ne donnent l’impression de gronder le public. Ils défendent une idée plus large, la SF peut rester ambitieuse, étrange et spectaculaire sans lâcher la rigueur. Et ça, pour le cinéma de genre, ce n’est pas un détail.