Pourquoi Les Évadés reste le mètre étalon des films de prison

Un nouveau classement remet Les Évadés en tête des films de prison. Derrière ce top 15, on lit surtout ce que le genre raconte sur la liberté.

Les Évadés
Image d'illustration. Les Évadés — Castle Rock Entertainment / PR-ADN

En bref

  • Les Évadés (The Shawshank Redemption) prend la première place
  • Le top mêle classiques, politique et histoires vraies
  • Le genre parle surtout de liberté et d’humanité

The Shawshank Redemption arrive en tête d’un classement des 15 meilleurs films de prison, devant Cool Hand Luke et A Man Escaped. Pas très surprenant, mais révélateur quand même. Le genre continue de fasciner quand il parle moins des barreaux que de ce qu’ils font aux corps, aux idées et aux liens entre les gens.

Un podium qui parle d’évasion avant tout

En numéro un, The Shawshank Redemption reste le grand récit de l’enfermement traversé par l’espoir, avec Tim Robbins en comptable accusé du meurtre de sa femme et de son amant, et Morgan Freeman en Red, figure centrale de la prison. Le film doit aussi beaucoup au personnage de Brooks, joué par James Whitmore, dont la sortie sur parole dit quelque chose de très dur sur la vie après la cage.

Juste derrière, Cool Hand Luke transforme Paul Newman en anti-héros magnétique, incapable d’arrêter de fuir. Puis A Man Escaped, en pleine Seconde Guerre mondiale, pousse l’idée encore plus loin, avec un résistant français qui prépare sa sortie avec une patience presque maniaque. Résultat, trois films très différents, mais un même nerf, la liberté comme obsession.

Entre humanité, politique et réinvention de soi

Le milieu du classement ouvre le cadre. Sing Sing, quatrième, suit un programme théâtral en prison et insiste sur ce que l’art peut réparer. Escape from Alcatraz revient sur la célèbre évasion de 1962, pendant que Hunger suit Michael Fassbender en Bobby Sands, au cœur des grèves de la faim nord-irlandaises.

Plus loin, Papillon mise sur l’ampleur visuelle et l’amitié entre Steve McQueen et Dustin Hoffman. Birdman of Alcatraz raconte la trajectoire très réelle de Robert Stroud, qui se découvre une passion pour les oiseaux. American History X n’est pas un film carcéral pur, mais ses passages en prison éclairent la déradicalisation de Derek. Et The Green Mile, adaptation de Stephen King, injecte du fantastique dans le couloir de la mort avec Tom Hanks et Michael Clarke Duncan.

Le bas du top n’a rien d’anecdotique

Les positions 11 à 15 sont loin d’être secondaires. Midnight Express reste un choc sur la brutalité carcérale en Turquie. The Longest Yard prouve qu’une comédie de prison peut tenir, avec du football américain entre détenus et gardiens. Brubaker fait de Robert Redford un directeur infiltré parmi les prisonniers pour exposer un système déshumanisant.

Et puis il y a deux cas très frontaux. The Hurricane raconte l’erreur judiciaire qui brise la carrière du boxeur Rubin Carter, incarné par Denzel Washington. The Mauritanian, avec Tahar Rahim, referme la liste sur un autre type de violence, la détention sans accusation à Guantanamo après le 11 septembre.

Pourquoi ce genre tient si bien dans le temps

Ce classement rappelle une chose simple. Le film de prison marche parce qu’il oblige à regarder autrement ceux qu’on enferme, qu’ils soient coupables, innocents, broyés par une idéologie ou coincés dans une machine judiciaire opaque. On y entre pour l’évasion, on y reste pour l’humanité. Et vu l’époque, ce n’est probablement pas un hasard si ces récits reviennent aussi fort.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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