En bref
- Big Finish relance Doctor Who en audio
- Eccleston et Piper reviennent en 2026
- Le présent bloque, la franchise fouille son passé
Le signal est assez clair. Pendant que la version télé de Doctor Who flotte dans le brouillard, Big Finish ressort l’un de ses duos les plus aimés, Christopher Eccleston et Billie Piper, pour une nouvelle aventure audio attendue en août 2026, The Ninth Doctor Adventures: Dark Tides.
Un retour très ciblé pour calmer la zone de turbulence
Cette fois, le Neuvième Docteur et Rose partent loin, très loin, dans l’espace profond, au-delà du connu, sur la piste du Vesterbold, un vaisseau d’exploration cartographique disparu après être allé trop loin. Le navire est revenu dans l’espace normal, et les Knights of Atlas veulent mettre la main sur son trésor. Sauf que le Docteur et Rose les avertissent qu’il y a pire qu’un butin au bout du voyage. Le Vesterbold a dérivé hors des Dark Tides, à la lisière de l’univers, et il pourrait avoir ramené quelque chose.
Le projet est écrit par Tim Foley, qui puise dans les récits folkloriques, l’aventure médiévale et l’imaginaire pirate. Sur le papier, l’ambiance a de quoi séduire, gothique, brutale, presque de dark fantasy spatiale.
Pourquoi Doctor Who regarde en arrière
Le problème, c’est que Doctor Who ne sait pas vraiment où aller à l’écran. La BBC a mis la série en appel d’offres, ce qui laisse entendre qu’il faudra du temps avant une nouvelle incarnation. Les fans reparlent déjà des Wilderness Years qui ont suivi l’arrêt de 1989. La comparaison n’est pas parfaite, mais l’idée est là, quand la télé cale, les formats dérivés prennent le relais.
Et il y a un autre verrou. La saison 15 de l’ère Russell T. Davies s’est terminée sur une régénération en cliffhanger, avec un Docteur semblant prendre l’apparence de Billie Piper. L’intention était d’accrocher un renouvellement. Ça n’a pas marché. Résultat, les récits annexes ont du mal à avancer au-delà de ce point précis.
Big Finish reprend une formule qu’il maîtrise depuis longtemps
Pour Big Finish, ce repli n’a rien d’un aveu d’impuissance. Depuis 1999, l’éditeur audio sait faire revivre d’anciens pans de la série, avec Tom Baker, Peter Davison, Jodie Whittaker, David Tennant ou encore Jo Martin, dont le Fugitive Doctor prend une place de plus en plus visible.
Ces dernières années, plusieurs projets transmédia ont aussi été tenus à distance de la série par les contraintes de la charte de la BBC. Time Lord Victorious a très bien fonctionné, Doom’s Day beaucoup moins, et Circuit Breaker semble, lui, plutôt prometteur.
Une promesse qui corrige aussi un vieux manque de l’ère Eccleston
Il y a enfin une raison très simple d’être curieux. Le tandem Eccleston–Piper n’a jamais eu tant d’aventures spatiales que ça dans la première saison relancée. Russell T. Davies avançait prudemment, en gardant la série très ancrée sur Terre pour rendre ses personnages plus accessibles.
Tim Foley résume bien l’idée avec une formule assez jolie, il se dit ravi d’envoyer le Docteur et Rose dans un espace profond où l’impossible rôde dans l’ombre, tout en ajoutant que la lumière peut être plus effrayante que l’obscurité. Il évoque aussi les Knights of Atlas et leur étrange demoiselle en détresse, incarnée par Doon Mackichan.
Dark Tides n’arrive pas seulement comme un bonus pour nostalgiques. C’est aussi un rappel assez net, quand la série ne peut plus avancer, Doctor Who survit en rouvrant ses meilleures portes. Et vu l’état actuel de la franchise, ce mouvement pourrait durer un moment.