En bref
- The End of Oak Street ouvre trop bas
- Les dinos hors Jurassic peinent toujours
- Le public trie sévèrement ce sous-genre
Les dinosaures restent une valeur sûre, mais à une condition presque absurde: il faut que Jurassic soit écrit quelque part. Le démarrage de The End of Oak Street, nouveau pari original de Warner Bros., le rappelle assez brutalement.
Un démarrage trop faible pour un pari aussi coûteux
Sorti en salles, le film de David Robert Mitchell a pris la troisième place du box-office américain avec environ 18 millions d’euros (21 millions de dollars). Devant, Spider-Man: Brand New Day a encaissé environ 61 millions d’euros (71 millions de dollars) et The Odyssey autour de 20 millions d’euros (23,2 millions de dollars).
Et la comparaison la plus piquante est ailleurs. Paw Patrol: The Dino Movie, sur le même terrain des dinos, a ouvert à environ 18 millions d’euros (20,5 millions de dollars). À l’international, The End of Oak Street ajoute environ 22 millions d’euros (26 millions de dollars), soit un lancement mondial à 40 millions d’euros (47 millions de dollars) pour un budget d’au moins 69 millions d’euros (80 millions de dollars). Pour rentrer dans ses frais, ça part mal.
Tout semblait réuni, sauf l’aimant commercial
Le plus frappant, c’est que le film cochait pas mal de cases. Warner Bros. sort d’une très bonne année 2025, avec des originaux comme Sinners et Weapons qui ont trouvé leur public autant que les critiques. En 2026, le studio continue de tenter des choses, et ce projet-là n’avait rien d’un petit essai discret.
L’histoire suit le quartier d’Oak Street, arraché à la banlieue après un événement cosmique mystérieux puis projeté dans un passé lointain peuplé de dinosaures. Au centre, la famille Platt doit rester soudée pour survivre. Il y a aussi Anne Hathaway, Ewan McGregor et J.
J. Abrams à la production. Même les critiques ont été plutôt bonnes. Résultat? Les tickets ne suivent pas.
Le vrai mur, c’est l’ombre portée de Jurassic
Depuis 1993, Jurassic Park a verrouillé l’imaginaire du dino au cinéma. La saga avait déjà cumulé environ 5,2 milliards d’euros (6 milliards de dollars) avant que Jurassic World Rebirth n’ajoute encore près de 747 millions d’euros (869 millions de dollars) l’an dernier. Quand un studio vend des dinos, le public compare immédiatement.
Ce n’est pas un accident isolé. En 2023, 65 avec Adam Driver s’est arrêté juste sous les 52 millions d’euros (61 millions de dollars) dans le monde pour un budget rapporté d’environ 39 millions d’euros (45 millions de dollars). Même avec une bonne tenue sur la durée, The End of Oak Street risque de rejoindre la même catégorie, celle des films qui n’explosent pas franchement, mais déçoivent quand même.
Hors franchise, les dinos gagnent surtout chez les enfants
Les exceptions existent, mais elles racontent une autre économie. Primitive War, film à petit budget signé Luke Sparke et adapté du roman d’Ethan Pettus, a surtout percé par le bouche-à-oreille et le streaming, au point d’avoir plusieurs suites potentielles. Pas vraiment le modèle que les grands studios cherchent.
À l’inverse, les succès hors Jurassic viennent souvent de l’animation familiale, avec Paw Patrol: The Dino Movie ou plus anciennement The Land Before Time. Bon, ça dit une chose simple: pour faire bouger le grand public vers un film de dinos non affilié à Universal, la barre est très haute. Et comme le prochain Jurassic World Rebirth continue d’avancer malgré le départ de Gareth Edwards, cette fenêtre ne va sans doute pas s’ouvrir tout de suite.