Pourquoi la fin de Signes divise encore, 24 ans après sa sortie US

Sorti en 2002, Signs reste un cas d’école: un thriller SF très efficace dont la révélation finale continue de diviser autour de M. Night Shyamalan.

Signes
Signes — Blinding Edge Pictures / PR-ADN

En bref

  • Signes reste un thriller SF très efficace
  • Sa fin continue de bloquer beaucoup de fans
  • Le film a fragilisé la formule Shyamalan

Vingt-quatre ans après, c’est toujours le même débat. Signes tient remarquablement bien dans sa montée en tension, mais son twist final continue de faire tiquer une partie du public, au point d’être devenu presque aussi célèbre que le film lui-même.

Un film qui marche presque trop bien

Sorti le 2 août 2002, Signes arrive à un moment précis de la carrière de M. Night Shyamalan. Ses deux premiers longs métrages, Praying with Anger et Wide Awake, étaient restés assez discrets. Puis The Sixth Sense et Unbreakable l’avaient installé comme le cinéaste des révélations de dernière minute.

Ici, le dispositif est simple et très efficace. Une famille isolée dans une ferme affronte des assaillants extraterrestres. Le héros, le père Graham, ancien prêtre incarné par Mel Gibson, a perdu la foi après la mort de sa femme. À ses côtés, son frère Merrill, joué par Joaquin Phoenix, et les deux enfants.

Ce qui frappe encore, c’est le dosage. Signes reste une horreur familiale, presque grand public, et pourtant le film sait installer un vrai malaise sans passer par le gore. Un peu comme Arachnophobia avant lui, il joue surtout sur l’attente, le hors-champ, la sensation que quelque chose approche.

Le twist qui fait tout basculer

Le problème, vous le connaissez peut-être déjà. À la fin, Merrill renverse un verre d’eau et blesse mortellement l’un des aliens. Résultat ? Le film révèle que l’eau est fatale à ces envahisseurs.

Et c’est là que beaucoup décrochent. Parce que ces créatures ont choisi d’envahir une planète recouverte d’eau, peuplée d’êtres largement composés d’eau, alors qu’elles y sont elles-mêmes presque allergiques au point d’en mourir. Sur le papier, la révélation passe mal. D’autant plus mal, quand même, que tout ce qui précède fonctionne très bien.

Comparée à la mécanique de grands classiques de la SF horrifique comme Aliens, la fin de Signes a laissé l’impression d’un dénouement moins solide que sa préparation. C’est souvent ce qui agace le plus dans un film à twist, pas l’idée seule, mais l’écart entre la promesse et la logique finale.

Le moment où la formule Shyamalan s’est fissurée

Bon, des théories ont circulé. Certains fans ont imaginé qu’il ne s’agissait pas d’extraterrestres, mais de démons. D’autres ont lié la scène finale au retour de la foi de Graham, en estimant que le coup de batte de Merrill compte davantage que l’eau elle-même. Mais ces lectures n’ont jamais vraiment refermé la discussion.

Le plus intéressant est ailleurs. Signes n’a pas été un flop, loin de là, contrairement à un film comme Cowboys Vs Aliens cité pour contraste. Mais avec le recul, sa fin un peu trop voyante a marqué un tournant pour M. Night Shyamalan. Après ce film, ses twists ont eu de plus en plus de mal à surprendre. Comme si le public avait commencé, à partir de là, à regarder ses films moins pour l’histoire que pour traquer la mécanique. Et pour un cinéaste associé à la surprise, c’est un vrai déplacement.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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