En bref
- For All Mankind s’arrêtera avec la saison 6
- Joel Kinnaman lie son succès à son optimisme
- La sci-fi plus lumineuse gagne du terrain
On a eu pas mal de futurs en ruines ces dernières années. C’est précisément là que For All Mankind a trouvé sa place. La série d’Apple TV, qui s’achèvera avec sa saison 6, propose l’inverse d’un réflexe devenu presque automatique dans la science-fiction, raconter demain comme une punition.
Une série qui va à rebours du pessimisme ambiant
Pour Joel Kinnaman, qui joue l’astronaute Edward Baldwin, l’attrait de la série tient d’abord à ça. En 2022, dans un entretien à Esquire, l’acteur expliquait que For All Mankind est une série optimiste, à une époque où le public reçoit surtout de mauvaises nouvelles et des prédictions lugubres sur l’avenir.
Il nuançait quand même son propos. La série reste sérieuse, tout n’y est pas rose, mais l’ensemble garde une tonalité profondément porteuse d’espoir. Et ça compte. Surtout dans un genre qui confond parfois gravité et noirceur systématique.
L’uchronie fonctionne parce qu’elle reste crédible
Le plus intéressant, c’est que cette note optimiste ne repose pas sur un grand fantasme flou. Le point de départ est limpide, en 1969, ce sont les Soviétiques qui posent le pied sur la Lune avant les États-Unis. À partir de là, la rivalité spatiale repart de plus belle et entraîne des investissements massifs dans l’exploration.
La série déroule ensuite une autre histoire du monde, sur sept décennies. L’innovation s’accélère, les sociétés évoluent, avec des effets qui touchent autant les droits civiques que le réchauffement climatique. Arrivée à la saison 4, l’humanité a déjà colonisé la Lune et Mars, tout en exploitant un astéroïde devenu source d’énergie alternative.
Ce qui plaît à Joel Kinnaman, c’est justement cet équilibre. Il estime que la série reste la forme la plus ancrée de sci-fi, presque discrète au départ, au point de ne vraiment révéler sa nature qu’au milieu de la saison 1, quand la base lunaire apparaît. Le saut de dix ans entre chaque saison renforce encore cette logique, parce qu’on voit la progression sociale et technologique par paliers, pas par miracle.
Au-delà d’Apple, un basculement plus large dans la sci-fi
Et ce goût pour une sci-fi crédible mais moins désespérée ne concerne pas que For All Mankind. L’écrivain Andy Weir, auteur de Project Hail Mary, a lui aussi critiqué la noirceur de Black Mirror et, plus largement, ces récits de futur dystopique semi-fasciste qu’il juge usés jusqu’à la corde.
Son propre univers raconte autre chose. Le roman Project Hail Mary, comme son adaptation cinéma, mise sur la coopération, la survie et le lien avec l’inconnu, dans une lignée qui rappelle clairement Star Trek. Le film a rapporté environ 586 millions d’euros (685,3 millions de dollars), preuve que le public répond présent.
Même chose du côté de Superman version James Gunn, plus lumineux que le DCEU de Zack Snyder. Bref, la tendance est là. Si le réel paraît de plus en plus lourd, on peut s’attendre à voir revenir des récits qui ne nient pas les crises, mais refusent de faire du futur un simple cimetière.